Risque de famine

Tanzanie : sécheresse

Dar-es-Salaam, 20 février 2006 (Apic) La sécheresse affectant depuis quelques mois la Tanzanie est alarmante. Les réserves étatiques sont en passe de s’épuiser. La crise alimentaire est là et la famine menace.

«En parcourant la route qui porte de Dar-es-Salaam à Dodoma, dans le centre du pays, je n’ai vu sous mes yeux que de la terre brûlée. Tout est sec, sans végétation». Le Père Michael, prêtre diocésain de nationalité ukrainienne, secrétaire du nonce apostolique, a décrit pour l’agence MISNA l’état de la sécheresse affectant depuis quelques mois la Tanzanie – et plusieurs pays de l’Afrique orientale.

Le plus important barrage, celui de Mtera, a baissé à un niveau critique; à cause de l’amoindrissement progressif des réserves en eau, les autorités tanzaniennes ont introduit des restrictions sur la consommation de l’électricité

L’absence de pluies depuis octobre n’a pas permis d’arroser les cultures ni de semer. La production de céréales a connu un arrêt et les stocks gouvernementaux et privés se réduisent au fil des jours, provoquant un renchérissement de leur prix sur le marché et l’impossibilité pour un grand nombre de Tanzaniens de les acheter. Pour palier à la situation de crise alimentaire, «les autorités ont déjà introduit un prix fixe du maïs pour éviter des spéculations explique Peter Maduki, un opérateur de Caritas établi à Dar-es-Salaam. De plus, les réserves étatiques ont déjà largement été distribuées aux citoyens dans le besoin et sont donc en passe d’être épuisées.

L’agriculture tanzanienne est basée sur la culture du riz, du maïs, des légumes et a normalement recours à un système d’irrigation, qui n’est plus fonctionnel en cas de pénurie d’eau. Raison pour laquelle les paysans ont été encouragés par les autorités à planter des céréales plus résistantes comme le millet, le sorgho.

Appel à la communauté internationale

Encore faudrait-il qu’il pleuve pour semer. Il y a un mois, le président Jakaya Kiwete avait déjà lancé un appel à la communauté internationale pour venir en aide à quelque 600’000 personnes directement exposées au risque de famine. Ces derniers jours, le premier ministre Edwar Lowassa a renouvelé cet appel, dans le cadre d’une réunion des bailleurs de fonds à Dodoma, pour l’envoi de 100’000 tonnes de biens alimentaires pour soutenir 3,7 millions de Tanzaniens les plus démunis jusqu’au mois d’avril. «Les personnes les plus faibles ne peuvent plus attendre pour manger. Les aides doivent arriver au plus vite, qu’il s’agisse de biens alimentaires de première nécessité ou de fonds, pour leur permettre de se procurer des céréales sur les marchés». Tel est l’appel lancé par l’opérateur de la Caritas locale. Environ une dizaine de régions sont en état d’alerte en Tanzanie, notamment celles de Dodoma, Singida, Mwanza, Mara et Kigoma, où vivent dans des camps des réfugiés Burundais et Congolais (apic/misna/vb)

20 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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