Les crèches en cire, pour entrer dans l’intimité des monastères

Tavel: 40 crèches de Noël exposées au Musée singinois

Tavel, 20 décembre 2000 (APIC) Les expositions de crèches de Noël foisonnent ces jours un peu partout en Suisse. Celle présentée à Tavel invite à entrer dans l’intimité des monastères. L’exposition de Noël du Musée singinois met en effet à l’honneur une quarantaine de crèches en cire. Ces pièces exceptionnelles ont notamment été créées à Fribourg, entre le XVIIIe et le début du XXe siècle dans les monastères de Montorge et de la Maigrauge. Vincent Chobaz, journaliste à >, a visité l’expo.

La culture populaire de qualité peut remplir un musée. C’est la démonstration que fait année après année le Musée singinois de Tavel avec son exposition de Noël. La cuvée 2000 (peut-être la dernière) n’échappe pas à la règle. Elle est consacrée à d’anciennes crèches en cire (du XVIIIe au début du XXe siècle) provenant des régions alpines. Les pièces les plus remarquables ont été créées dans les monastères fribourgeois de Montorge et de la Maigrauge.

La fabrication de figurines représentant l’Enfant Jésus remonte au XIVe siècle. Cette coutume, liée à la période de Noël, a été principalement développée dans les couvents de femmes. A son entrée au couvent, la jeune religieuse se voyait offrir, ce que le conservateur du musée Raoul Blanchard nomme un >, sous la forme d’une statue de l’Enfant Jésus. Plus tard, l’élément visuel prendra de l’’importance et l’utilisation de la cire se radicalisera dans la liturgie. La hausse de la production qui a accompagné cette envolée baroque a alors offert des quantités de cire suffisantes pour permettre la fabrication de différents objets. C’est le début de l’âge d’or des crèches en cire qui s’étendra de 1720 à 1850. Au début du siècle, on en créait encore au monastère de Montorge à Fribourg. Aujourd’hui cet artisanat a complètement disparu.

Fleurs de tire-pipe

Jeune restauratrice d’art, Véronique Bacher a recensé 600 moules en plâtre utiles au coulage de figurines de cire dans le seul monastère de Montorge. L’exposition du Musée de Tavel en présente une part de la production.

Pour mettre en scène ces figurines, le décor est primordial. Et c’est là que le travail des religieuses nous fait pénétrer, un peu, dans l’intimité de vies de couvent. Car ces dames avaient du temps. La minutie baroque dont elles ont fait preuve, le sens du détail, sont particulièrement remarquables. Avec des bouts de ficelle, elles nt créé des univers, le leur peut-être, sur la base de la représentation qu’elles pouvaient se faire de la crèche: papiers peints, fleurs en tissu façon tire-pipe, paillettes ou perles de verre, tout est bon pour magnifier l’Enfant Jésus.

Les thèmes choisis sont parfois surprenants, car la crèche est toujours doublée d’autres figurines et d’autres actions, plus ou moins apocryphes. On voit par exemple Jésus s’amuser avec saint Jean Baptiste lorsqu’ils étaient enfants. A côté de la crèche, se côtoient les scènes de la circoncision ou de la fuite en Egypte. Au dessus du berceau, Marie-Madeleine patiente au fond de sa grotte. L’imagination mystique au pouvoir pour une exposition d’une qualité exceptionnelle. (apic/vch/pr)

20 décembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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