Le second pays à majorité orthodoxe que visite Jean Paul II
Tbilissi: Le pape est arrivé en Géorgie, seconde étape de son 89e voyage hors d’Italie
De notre envoyée spéciale, Caroline Boüan
Tbilissi, 8 novembre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a commencé lundi en Géorgie la seconde tape de son 89e voyage hors d’Italie, après trois jours passés en Inde. La Géorgie est le second pays à majorité orthodoxe que visite le pape, après la Roumanie, en mai dernier. Une visite peu appréciée des milieux ultra-orthodoxes de ce pays, qui compte quelque 5,5 millions d’habitants, dont 100’000 seulement sont catholiques.
«Je suis heureux d’arriver en Géorgie, un jour significatif: la veille du 10ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, qui encourage à jeter des ponts entre les peuples, les nations, les religions et les cultures», a déclaré Jean-Paul II dans l’avion qui l’emmenait de l’Inde à Tbilissi, quelques minutes avant l’atterrissage sur l’aéroport de la capitale géorgienne, où il été accueilli par le Catholicos Ilia II, patriarche orthodoxe de Géorgie, et par le président de la république, Edouard Chevernadze.
Dans son discours d’arrivée, Jean Paul II a encore insisté sur l’importance du 10ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Il a félicité le président géorgien pour le rôle que celui-ci a joué à l’époque, en tant que ministre des Affaires étrangères de Michael Gorbatchev, pour l’ouverture du bloc soviétique dont faisait partie la Géorgie.
La reconquête de l’indépendance de la Géorgie en 1991 a «été un grand pas en avant», a souligné le pape. «Il importe aujourd’hui de stabiliser la paix dans cette région, en encourageant l’harmonie et la coopération et en garantissant que la liberté conduise à une nouvelle floraison culturelle…»
«Sans votre soutien fraternel, je ne serai pas ici aujourd’hui» a ensuite déclaré Jean Paul II au patriarche orthodoxe. «Pendant des années, j’ai désiré visiter cette terre aimée, a ajouté le pape qui s’est dit ému de se trouver dans un pays où le christianisme a été introduit dès le début du IVème siècle, grâce à la prédication d’une femme, sainte Nino.
Ces nuages qui assombrissent…
Revêtu d’un manteau rouge pour le protéger du froid et du vent qui soufflait très fort sur l’aéroport géorgien, il a poursuivi en anglais: «Je viens dans la conviction, à la veille du troisième millénaire de l’ère chrétienne, que nous devons tâcher de construire de nouveaux ponts afin que les chrétiens puissent proclamer ensemble l’Evangile au monde, avec un seul coeur et une seule âme».
Quelques nuages assombrissent encore la Géorgie qui cherche à se reconstruire matériellement et spirituellement, a par ailleurs déclaré Jean Paul II. Souhaitant alors que le pays puisse connaître un avenir meilleur, le pape à cité un grand poète géorgien, Shota Rustavelli: «Que les choses bonnes se répandent sur chacun comme des flocons de neige en hiver!»
Enfin le pape n’a pas manqué de saluer les représentants de la communauté catholique de Géorgie à savoir Mgr Giuseppe Pasotto, administrateur apostolique des catholiques latins du Caucase, et des autres communautés catholiques présentes de rite arménien et de rite chaldéen. Ces derniers agitaient des banderoles de bienvenue alors que la garde d’honneur, ornée de turban, rendait les honneurs d’usage réservé aux chefs d’Etat. (apic/imed/cb/pr)



