Les autorités interdisent une manifestation
Tchad: Bras de fer entre le gouvernement et les mouvements pour les droits de l’homme
N’Djamena, 27 mars 1998 (APIC) Un bras de fer s’est engagé entre le gouvernement du Tchad et les organisations de défense des droits de l’homme et de la non violence. Les dirigeants tchadiens n’ont pas apprécie l’appel d’un collectif de 7 associations à manifester les 26 et 28 mars, pour protester contre les violations des droits de l’homme et la violence, à la fois par l’armée et par les rebelles, dans le sud du pays.
Dans son appel, le collectif avait demandé à la population d’observer une attitude de deuil en affichant des bandeaux noirs à leurs portes, de fermer les bureaux, magasins, écoles. Une fermeture également souhaitée, pour deux jours, des sièges de toutes les associations et organisations des droits de l’homme du pays, ainsi que ceux des syndicats. Ce même collectif a en outre demandé aux communautés chrétiennes et musulmanes de consacrer des séances spéciales de prière pour la paix et la justice au Tchad, l’un des pays francophones les plus pauvres de l’Afrique centrale.
Pour le gouvernement, cette initiative des défenseurs des droits de l’homme est de la provocation. Il a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre, les activités du cartel, interdit toutes les manifestations programmées par les associations. Il a estime que ces manifestations revêtaient un caractère «insurrectionnel».
Les associations signataires de l’appel sont entre autres: la Ligue tchadienne des droits de l’homme, l’association des femmes juristes du Tchad, Tchad non-violence, l’association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme.
Ce bras de fer intervient une dizaine de jours à peine après une polémique entre le gouvernement tchadien et Amnesty International (AI) sur des cas d’exécution. AI a accuse les forces armées tchadiennes d’avoir tués plusieurs dizaines de civiles à la suite d’affrontements avec des rebelles. Les dirigeants ont démenti ces accusations. (apic/ibc/pr)



