Délégation de Sant’Egidio invitée en tant qu’observateurs

Tchad: Début des négociations d’Abuja à propos du Darfour

Abuja, 23 août 2004 (Apic) Les colloques de paix entre les protagonistes de la guerre du Darfour, la région occidentale du Soudan le long de la frontière avec le Tchad, devaient débuter lundi 21 août à Abuja, au Nigeria. Le Darfour est le théâtre depuis 18 mois d’affrontements et de violences qui, selon l’ONU, ont provoqué une des plus graves crises humanitaires au monde.

Le 23 août débutent à Abuja les colloques mis sur pied par l’Union africaine pour tenter de trouver une solution politique à la crise du Darfour. Des membres de la Communauté de Sant’Egidio ont été invités en délégation en tant qu’observateurs. Ces rencontres font suite à celles déjà organisées à N’Djamena et à Addis- Abeba qui ont amené la signature d’un accord de cessez-le-feu plus ou moins respecté depuis avril.

La pire crise humanitaire actuelle

La crise du Darfour a été définie par le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan comme la pire crise humanitaire actuelle, qui a déjà provoqué la mort de près de 30’000 personnes, et la fuite de près d’un million de réfugiés qui ont trouvé refuge dans les camps du Tchad et du Soudan.

La Communauté de Sant’Egidio suit depuis un certain temps la situation dans le Darfour et a distribué ces dernières semaines de l’aide humanitaire dans le camp de Farchana, au Tchad. La communauté catholique, très active sur le plan diplomatique, a déjà organisé une série d’entretiens pour faciliter le dialogue entre les parties.

Parmi les premiers arrivés dans le grand hôtel de la capitale nigériane pour le colloque de lundi, on note la présence des délégations des deux mouvements armés des populations noires africaines du Darfour, l’Armée de libération du Soudan (SLA-M) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM). Depuis février 2003, ils ont formellement levé les armes contre le gouvernement soudanais de Khartoum, accusé de négliger la région et de financer des milices de pillards arabes (connues sous le nom de Janjawid) responsables de semer mort et destruction dans la zone.

Sous l’égide du Nigérian Olusegun Obasanjo, président de l’Union Africaine

Dans un hôtel proche, quelques diplomates soudanais attendaient l’arrivée de représentants du gouvernement islamique de Khartoum. La délégation est dirigée par le ministre de l’Agriculture Majzoub al-Khalifa. Lundi, aux colloques qui se tiennent sous la supervision directe du président nigérian Olusegun Obasanjo, président en charge de l’Union Africaine – sont également attendus les chefs d’Etat et représentants gouvernementaux du Tchad, de l’Erythrée, de la République démocratique du Congo et de la Libye.

Tripoli pourrait être représentée par le ministre des Affaires étrangères Abdelrahman Shalgam qui se trouve déjà au Nigeria. Il remplace le colonel Mouammar Khadafi dont l’intervention avait été directement demandée, de façon plus ou moins explicite, par le gouvernement soudanais.

La participation aux colloques du secrétaire de la Ligue Arabe, Amr Moussa, semble également confirmée. Selon des sources de l’Union Africaine, les négociations pourraient durer plus d’une semaine car l’intention est de parvenir à un accord définitif et «solide». La dernière tentative de médiation (organisée par l’UA le mois dernier à Addis-Abeba) avait échoué suite aux six conditions posées par les deux mouvements armés du Darfour pour leur présence aux négociations.

Entre temps, le ministre de la Justice soudanais, Ali Mohammed Osman Yassin, a remis à Ghaneen Emanuel Akoy, observateur international de la Commission de l’ONU pour les droits de l’Homme, une liste contenant les noms de quelques membres des forces armées et de la police soudanaises arrêtés sous l’accusation de violations des droits de l’homme dans le Darfour. La nouvelle a été rapportée par le quotidien «al-Ray al-Am», en précisant que sur cette même liste figuraient les noms de personnes considérées comme liées aux milices Janjawid et arrêtées par Khartoum. «Le gouvernement ne nie pas que des violations des droits de l’homme existent mais ne protège pas ceux qui les commettent», a déclaré M. Yassin.

Selon les estimations de l’ONU, les affrontements au Darfour ont provoqué un million de déplacés internes, 200’000 réfugiés au Tchad voisin et des milliers de victimes: pas plus de 5’000 selon le gouvernement soudanais, entre 30’000 et 50’000 selon l’ONU. (apic/com/misna/be)

23 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!