Pour fuir les difficultés sociales à N’Djamena
Tchad: Des veuves déshéritées créent un village à elles
N’Djamena, 28 novembre 2004 (Apic) Deux cents veuves démunies ont créé leur propre village à une quinzaine de kilomètres de la capitale du Tchad, N’Djamena. Elles ont pris cette initiative il y a six mois car elles ne pouvaient plus payer leur loyer.
Les veuves démunies de N’Djamena ont aménagé leur domicile au bord d’une piste, dans des abris faits de baraquements en paille, de branches d’arbres et de morceaux de pagnes déchirés, a rapporté la correspondante de Radio France Internationale (Rfi), dans une émission consacrée à ces déshéritées.
Elles habitent cet endroit avec leurs enfants. Au total, ce sont près de cinq cents personnes qui vivent dans ce camp depuis mai 2004, quelques semaines avant la saison des pluies. Après avoir perdu leur mari, elles ont dû assumer toutes les charges familiales du jour au lendemain, sans ressources. Elles n’étaient plus en mesure de payer leur loyer en raison de l’incessante hausse des tarifs.
Petits boulots pour survivre
Seules dans leur nouveau site, elles dorment dans des chambres minuscules. Pour survivre, certaines vendent des fruits, d’autres fabriquent des tisanes. Chaque jour, elles vont chercher de l’eau dans des mares infestées de serpents. Selon la présidente de l’Union des Veuves Tchadiennes (Uvt), depuis leur arrivée elles ont tué plus de 1000 reptiles. Lors de la saison des pluies, qui a commencé en juin, elles ont demandé aux chefs des villages voisins de leur louer des terres cultivables, qu’elles paient difficilement.
Toutes ces femmes sont regroupées au sein de (Uvt), créé en 1998. La plupart de leurs enfants qui allaient à l’école du vivant de leur père, l’ont cessé à cause du manque de moyens financiers. Dans le site, ils passent tout leur temps à jouer ou à aider leur mère dans les tâches quotidiennes, telles que la recherche de l’eau, la préparation des repas. Les veuves qui ont des parents en ville envoient auprès d’eux leurs enfants pour poursuivre leurs études. Ces derniers ne retournent au camp qu’en fin de semaine.
La semaine dernière, une Organisation Non Gouvernementale américaine a construit un puits pour elles. Mais leurs besoins même les plus élémentaires sont bien plus nombreux. Elles n’ont pas de couvertures, de moustiquaires, et manquent de nourriture. Les maladies liées à la consommation de eau de mauvaise qualité sont fréquentes chez elles. (apic/ibc/bb)



