Mesure politique suspecte et aggravation de l’insécurité
Tchad: Incertitude sur l’Etat de santé du président tchadien hospitalisé à Paris
N’Djamena, 24 juillet 2003 (Apic) Des rumeurs persistantes font état d’une aggravation de la santé du président tchadien Idriss Déby, actuellement hospitalisé à Paris. L’ambassadeur du Tchad en France, Mahmoud Hissein Mahmoud dément, affirme pourtant que le chef d’Etat se porte «parfaitement bien». Mais les mesures d’urgences prises du côté de N’Djamena pourraient faire démentir ces allégations.
L’Assemblée nationale de N’Djamena a en effet voté une loi autorisant le Premier ministre Moussa Faki, un proche de Déby, à pouvoir gouverner le pays jusqu’au mois d’octobre. Une mesure «suspecte», selon un observateur contacté sur place par l’agence missionnaire Misna, d’autant plus qu’elle est contraire à la Constitution, qui donne le pouvoir au président du Parlement dans de telles circonstances.
La situation inquiète, notamment parce que l’absence du président s’accompagne d’une nette montée de l’insécurité et de l’instabilité dans la capitale du Tchad, où les entreprises, mêmes les plus grandes, et les commerces sont victimes de pillages et de braquages. «Signe précurseur du début de la décadence du régime Déby?» s’interroge un dirigeant de «Ialtchad», un journal local en ligne, ajoutant que cette recrudescence des désordres qui fait penser «à la fin de chaque régime au Tchad».
Déby a été hospitalisé dans la capitale française après avoir eu un malaise le 12 juillet, alors qu’il se trouvait en visite privée dans l’hexagone. Selon des sources hospitalières parisiennes, la santé du président se serait sérieusement dégradée ces derniers jours. (apic/misna/pr)



