Référendum à haute tension ce lundi

Tchad: L’Eglise, préoccupée par la tension socio-politique, s’offre comme médiatrice

N’Djaména, 6 juin 2005 (Apic) Les évêques catholiques du Tchad sont inquiets en raison de la tension socio-politique et des rumeurs de fraude qui se développent dans le pays. L’Eglise s’est dite prête à jouer un rôle de médiateur pour ramener le calme entre les différentes parties. Un référendum portant sur la limitation du mandat présidentiel se déroule au Tchad ce lundi.

Les résultats du référendum devraient être favorables aux partisans du «oui» et permettre au président tchadien Idriss Déby de briguer un troisième mandat, son deuxième mandat expirant en 2006. Le Mouvement patriotique du salut (Mps), parti au pouvoir, a toutes les cartes de son côté pour maintenir son chef à la tête de l’Etat tchadien «ad vitam aeternam», déplore l’opposition. Pour certains diplomates, défenseurs des droits de l’homme et partis d’opposition, cette consultation paraît entachée de nombreuses irrégularités et l’issue serait connue d’avance.

Le référendum devrait permettre la suppression d’un article de la Constitution limitant la présidence de la République à deux mandats de cinq ans. Cette consultation oppose le pouvoir et les partis politiques de l’opposition. Selon la Commission électorale nationale du Tchad, 5,6 millions d’électeurs ont été enregistrés pour le référendum du 6 juin prochain, mais ce chiffre largement exagéré est très largement contesté.

Manger, la première priorité

Pour l’adoption de ce projet de suppression, l’Etat a mobilisé les maigres ressources disponibles, «alors que des problèmes assez graves et latents sont occultés», déplorent les évêques tchadiens dans un communiqué. «La recrudescence de l’insécurité long des grands axes et dans les campagnes les plus reculées, les cas d’inquisition flagrante dans les affaires judiciaires, la mauvaise campagne agricole des producteurs de coton», ont poussé les évêques tchadiens à tirer la sonnette d’alarme.

Dans leur déclaration, les évêques catholiques du Tchad expriment encore leur disponibilité à jouer le rôle de médiateur entre les différents acteurs de la vie politique et sociale du pays, «en favorisant, en tant qu’Eglise, les contacts et négociations pour qu’on puisse enfin, parler de paix au Tchad». Près de 80% de la population tchadienne vit avec moins d’un dollar par jour et se bat pour obtenir de la nourriture et avoir de l’eau potable et de l’électricité. Pour les populations de l’Est du pays qui partagent leurs maigres ressources avec les quelque 200’000 réfugiés de la région du Darfour, à l’Ouest du Soudan, la situation est catastrophique.

Alors que la grande masse des Tchadiens est préoccupée par sa survie matérielle, hebdomadaire indépendant de N’Djaména, «L’Hebdo», déplore que ce soit justement à ce moment que le pouvoir se préoccupe d’un référendum au lieu de penser aux besoins de la population. (apic/ibc/be)

6 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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