Des jeunes  de milieux pauvres sont recrutés par des prédicateurs extrémistes Mosquée dans un village du Burkina Faso  ©  Jacques Berset  Jacques Berset)
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Des jeunes de milieux pauvres sont recrutés par des prédicateurs extrémistes Mosquée dans un village du Burkina Faso © Jacques Berset Jacques Berset)

Tchad: Leaders musulmans en lutte contre l’extrémisme religieux chez les jeunes

27.01.2017 par Ibrahima Cissé, correspondant de cath.ch en Afrique

Les guides religieux musulmans doivent accorder une attention particulière aux jeunes, afin de les protéger contre la radicalisation et  l’extrémisme religieux, selon un appel de la Ligue des oulémas, prédicateurs et imams des Etats du Sahel (LUPIES).

Cette organisation de leaders musulmans d’Algérie, du Niger, du Mali, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Nigeria et du Tchad, a lancé son appel jeudi 26 janvier à Ndjamena, capitale du Tchad. Ces responsables musulmans se sont engagés à promouvoir, chez les jeunes, la culture de la paix, le dialogue, la cohésion sociale ainsi que la coexistence pacifique avec les autres religions et cultures en Afrique.

Les jeunes, cibles privilégiées des extrémistes religieux

Des leaders musulmans de la Côte d’ivoire, de la Guinée (Conakry), et du Sénégal  ont aussi assisté à la rencontre, en qualité d’observateurs. Les travaux qui ont eu lieu les 25 et 26 janvier  au siège du Haut Conseil aux Affaires islamiques de la République Tchad, se sont tenus sur le thème du “Rôle des leaders religieux de la région du Sahel dans la protection des jeunes contre l’extrémisme violent”.

Les débats étaient organisés conjointement par LUPIES, l’Unité de fusion et de liaison (UFL), et le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT), une structure de l’Union africaine basée à Alger, en Algérie.

Pallier le “vide intellectuel”

Dans leur déclaration finale en 10 points, rapportée par l’agence de presse officielle algérienne  APS (Algérie presse service), ils ont aussi mis l’accent sur la nécessité de revoir le discours religieux, afin de mieux prévenir l’extrémisme. Ils rappellent que les jeunes sont une cible privilégiée des extrémistes religieux, et sont très vulnérables.

A ce sujet, les leaders musulmans ont préconisé la mise en place de programmes d’activités culturelles pour les jeunes, en vue de pallier le “vide intellectuel”, et de les prémunir contre “toute tentative d’endoctrinement des idéologues des groupes terroristes religieux”.

 

Ils ont souligné l’importance d’initier les imams aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, afin de promouvoir des prêches sur les bons comportements et la haute morale auprès des jeunes, et leur inculquer les valeurs d’échanges et de tolérance, dans un climat de paix, de sécurité, de stabilité.

Les assises de Ndjamena avaient pour but d’engager une réflexion approfondie autour de la prévention des jeunes contre la menace des “idéologies déviationnistes”, le radicalisme et l’extrémisme religieux violent. Car, estiment les responsables musulmans, “les groupes extrémistes et terroristes religieux sont des vecteurs de l’aveuglement et de l’ignorance”.  (cath.ch/aps/ibc/be)

 

 


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