L’ONG demande à Berne de prendre des mesures
Tchad : Les défenseurs des droits humains en danger au Tchad, estime Swissaid
Berne/N’Djamena, 8 février 2008 (Apic) Après les violents affrontements survenus dans la capitale N’Djamena du week-end dernier, les autorités tchadiennes s’attaquent maintenant à l’opposition démocratique, indique Swissaid.
Selon l’organisation de développement, des représentants d’organisations de défense des droits humains sont en danger, parmi lesquels figurent plusieurs personnes que la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey avait rencontrées en juillet de l’année dernière, à l’occasion de sa visite au Tchad. Swissaid se déclare « extrêmement préoccupée » par l’évolution de la situation qui prévaut actuellement dans ce pays et demande instamment au Gouvernement suisse de s’engager pour le respect des droits humains et en faveur d’un véritable processus de paix au Tchad.
L’organisation de développement SWISSAID est active au Tchad depuis 1965 et collabore étroitement avec des organisations de la société civile. Les informations les plus récentes sont très préoccupantes. « Il n’est pas possible, s’insurge la directrice de Swissaid Caroline Morel, que la décision de l’ONU qui appelle à soutenir le régime du président Déby Itno soit utilisée par le pouvoir en place pour neutraliser les voix qui le critiquent ».
Elle demande ainsi aux autorités suisses de s’engager en faveur du respect des droits humains au Tchad, ainsi qu’à l’égard de la France, laquelle a une grande influence à N’Djamena. L’appel s’adresse tout particulièrement à la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey. Lors de sa visite au Tchad l’année dernière, elle avait en effet personnellement rencontré plusieurs représentants de la société civile tchadienne, qui sont aujourd’hui menacés.
Selon Swissaid, la situation instable qui prévaut au Tchad a également un lien avec les prix élevés des revenus pétroliers, lesquels rendent le pouvoir d’autant plus attractif aux yeux des groupes armés, tout en n’ayant, jusqu’à présent, guère contribué au développement du pays. (apic/com/pr)



