Les évêques n’étaient pas favorables à une nouvelle Constitution

Tchad: Un troisième mandat est désormais possible pour le président Deby

N’Djamena, 27 mai 2004 (Apic) Le parlement de N’Djamena a adopté mercredi un projet de révision de la Constitution, en éliminant la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. La modification, qui ouvre la voie à un troisième mandant possible pour le président Deby, qui concerne huit articles de la Charte fondamentale – a été approuvée par 123 voix favorables, 0 contre et une abstention.

Début mai, les évêques du Tchad se déclaraient préoccupés par la dégradation de la situation sociopolitique du pays, dans une déclaration rendue publique lundi à N’Djamena. Les prélats, qui dénonçaient la corruption, disaient notamment ne pas souhaiter pas le renouvellement du mandat du président actuel.

Ils s’interrogeaient en outre sur l’opportunité de réviser la Constitution et ainsi permettre au président Deby de se présenter une troisième fois à la présidence en 2006. La Constitution actuelle limitant le nombre de mandats à deux.

La proposition de modifier la Constitution a été élaborée par les députés du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir et a été bloquée jusqu’à la fin par l’opposition, qui au moment du vote a abandonné l’hémicycle en signe de protestation.

La révision permettra donc à l’actuel chef d’Etat Idriss Deby – élu en 1996 et confirmé en 2001 – de présenter sa candidature pour un troisième mandat, malgré l’annonce publique lors de la campagne électorale de 2001 de son intention d’abandonner sa fonction après le second mandat.

Tensions sociales

Le vote du parlement intervient alors que les tensions sociales et politiques du pays sont plutôt élevées, comme le dénonçait aussi un document des évêques présenté début mai. Dans ce rapport, l’Eglise du Tchad stigmatisait «la corruption qui gangrène toutes les institutions de l’Etat», la «recrudescence des massacres contre la population» et le climat social «toujours plus malsain».

Les évêques se demandaient enfin si, face à un tel scénario, «le moment est opportun pour procéder» à une révision de la Constitution. Le cadre est par ailleurs aggravé depuis quelques mois par les préoccupations liées à la situation des plus de 100’000 réfugiés qui ont fui le Darfour, la région voisine du Soudan en proie à un grave conflit entre le gouvernement de Khartoum et quelques groupes rebelles entrés en territoire tchadien. (apic/misna/pr)

27 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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