L’Eglise catholique tchèque fait appel à une décision de justice

Tchéquie: Bataille juridique pour récupérer la cathédrale de Prague

Prague, 9 juin 2009 (Apic) L’Eglise catholique de République tchèque a fait appel devant la Cour constitutionnelle d’une décision de justice déclarant propriété de l’Etat la cathédrale Saint-Guy de Prague, qui date du XIVe siècle.

«Les arguments seront expliqués en détails par nos avocats. Je me contenterai de dire que cette cathédrale a toujours appartenu à l’Eglise, alors nous ne comprenons pas comment elle pourrait être une propriété de l’Etat», a déclaré le père Juan Provecho, directeur de la presse pour la Conférence épiscopale de la République tchèque.

«Les mêmes personnes qui étaient hostiles à l’Eglise sous le régime communiste sont toujours en service aujourd’hui, en prenant des décisions s’opposant à l’Eglise et à tout ce qui lui est associé.»

Le prêtre d’origine espagnole s’exprimait alors que l’archidiocèse catholique romain de Prague a fait appel du jugement prononcé le 5 mars par la Cour suprême du pays.

Il a déclaré à l’Agence ENI que son Eglise était déçue par le fait que l’opinion publique semble avoir accepté le verdict et que certains chrétiens tchèques aient acquiescé «afin de ne pas causer de problèmes à l’Etat.»

Le père Provecho estime que la décision est «fallacieuse», puisqu’un des juges de la Cour suprême est un ancien membre du Parti communiste. Il a ajouté que l’Eglise était prête à présenter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.

«La République tchèque est le pays le plus athée en Europe centrale et c’est la raison pour laquelle les gens disent souvent ici que l’Eglise ne pense qu’à ses biens et à l’argent», a estimé le père Provecho dans son commentaire à ENI. «Les responsables de l’Eglise sont mécontents du fait que, vingt ans après la fin de la période communiste, il y a beaucoup de choses qui n’ont pas changé ici.»

La cathédrale à double-flèche qui domine les toits de Prague a été fondée en 1344 par l’empereur romain germanique Charles IV et a été déclarée propriété nationale par le régime communiste en 1954.

Bien qu’elle ait été restituée à l’Eglise catholique en 1994, cinq ans après la chute du régime communiste, les législateurs tchèques ont rappelé que l’édifice avait été construit à partir de fonds publics et ont lancé une série de procès.

En février 2007, la Cour de district de Prague avait confirmé la plainte pour vice de procédure déposée par le président Vaclav Klaus, dont le bureau est situé à coté de la cathédrale, et ordonné à l’archidiocèse de Prague de céder l’édifice.

Toutefois, l’archidiocèse a contesté la décision et a interjeté appel avec succès. Le jugement rendu par la Cour suprême en mars a cependant annulé l’appel et la dernière option qui reste à l’Eglise est de s’en remettre à l’arbitrage de la Cour constitutionnelle.

Le destin de la cathédrale et celui d’autres biens de l’Eglise confisqués par le pouvoir communiste devrait être débattu avant le pèlerinage du pape Benoît XVI à Prague, Brno et Stara’ Boleslav, du 26 au 28 septembre, qui a été confirmé lors d’une visite effectuée au Vatican le 30 mai par le président Klaus. (apic/eni/pr)

9 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!