Nouvelle querelle entre l’Eglise et l’Etat

Tchéquie: La question de la restitution des biens ecclésiastiques toujours débattue

Prague,

(APIC) Le torchon brûle à nouveau entre l’Eglise et l’Etat en Tchéquie. Le porte-parole de la Conférence des évêques a vivement réagi après la publication lundi par le gouvernement d’une expertise «historico-juridique» affirmant que l’Eglise n’a pas de droit légal à la restitution de ses biens confisqués par les communistes. L’Eglise a-t-il déclaré mardi, n’est pas prête à accepter le diktat de n’importe qui,

Le porte-parole de la Conférence des évêques tchèques reproche au gouvernement de faire une interprétation unilatérale du droit. Aussi longtemps que la loi est interprétée par les «idéologues du secrétariat du parti» on peut difficilement parler d’un Etat de droit a déclaré mardi Mgr Daniel Herman à la radio tchèque.

Mgr Herman réagissait à une «expertise historico-juridique» selon laquelle l’Eglise catholique n’aurait pas de droit légal à la restitution de ses biens confisqués par les communistes. Cette expertise demandée par le gouvernement Zeman a été présentée lundi par le vice Premier ministre Pavel Rychetsky.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, les droits de propriété des immeubles et biens-fonds confisqués par les communistes n’appartiennent pas à l’Eglise en général mais à des institutions ecclésiales déterminées comme des diocèses, les paroisses ou les couvents. L’Eglise n’est pas prête à accepter les diktats de n’importe qui. Pas plus qu’elle ne se laissera acculer dans une position de défense. Mgr Herman n’exclut pas que l’Eglise porte cette affaire devant un tribunal international.

Boycott de la Commission gouvernementale

Les rapports Eglises-Etat en Tchéquie se sont à nouveau extrêmement tendus ces derniers jours. Les Eglises ont ainsi décidé de boycotter la commission gouvernementale chargé d’élaborer une nouvelle loi sur le financement et les compétences des Eglises. La raison du boycott est la présence dans cette organe de trois membres non-agréés par les Eglises parce que connus pour leur anticléricalisme, en particulier un représentant du parti communiste. Selon le ministre de la culture Pavel Dostal, la commission commencera ses travaux même sans la présence des représentants des Eglises. Le Premier ministre Milos Zeman a encore jeté de l’huile sur le feu en critiquant l’attitude du gouvernement après la révolution de velours de 1989. Pour lui, la restitution en 1990-91 de 170 bâtiments à l’Eglise procédait d’une «philosophie erronée». (apic/kap/mp)

3 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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