Le cardinal Vlk craint une détérioration du climat œcuménique
Tchéquie: La théologienne Jana Silerova élue première femme évêque dans l’Eglise hussite
Prague, 13 avril 1999 (APIC) Jana Silerova, une théologienne de 49 ans, a été élue première femme évêque dans l’Eglise hussite de Tchéquie. Le parlement régional de l’Eglise hussite, une communauté tchèque de tendance protestante, l’a choisie à la tête du diocèse d’Olomouc, à une majorité confortable (57 voix sur 90). Le cardinal Miloslav Vlk avait récemment mis en garde contre une détérioration du climat œcuménique au cas où l’Eglise hussite persévérait dans sa volonté d’ordonner une femme évêque.
Jana Silerova, originaire d’une famille catholique de Znojmo, en Moravie méridionale, a étudié à la Faculté de théologie hussite de Prague avant de travailler comme pasteure dans diverses paroisses. La théologienne s’est également engagée dans la politique communale. Elle vit seule et a une fille de 22 ans.
L’Eglise hussite actuelle ne provient pas directement du réformateur Jan Hus (1369-1415), mis à mort sur le bûcher à la suite de sa condamnation par le Concile de Constance. Elle est née en 1920, deux ans après la fondation de la Tchécoslovaquie, d’une scission de l’aile gauche de l’association catholique du clergé tchèque «Jednota». Ces réformateurs plaidaient pour la démocratisation de l’Eglise catholique, l’utilisation de la langue vernaculaire dans la liturgie ainsi que pour l’abolition du célibat des prêtres.
Née dans la vague anti-Habsbourg
La rupture avec Rome et la fondation d’une Eglise nationale tchécoslovaque se situe dans la vague de sorties de l’Eglise catholique liée au nationalisme tchèque, l’Eglise catholique étant alors discréditée pour avoir été partie liée à l’empire des Habsbourg. C’est seulement depuis son entrée dans le Conseil œcuménique des Eglises en 1971 que l’Eglise nationale tchécoslovaque s’est appelée «hussite». Elle annonce aujourd’hui officiellement 185’000 membres répartis dans cinq diocèses. Un patriarche est à la tête de cette Eglise qui compte près de la moitié de femmes pasteurs. L’Eglise hussite connaît l’ordination des femmes depuis plus de cinquante ans. (apic/kap/be)



