Mésentente avec le ministre de la culture
Tchéquie: Premier synode de l’Eglise catholique depuis la chute du communisme
Velehrad, 14 juillet 2003 (Apic) Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, les catholiques tchèques se sont réunis le 6 juillet dans le sanctuaire de Velehrad, en Moravie, pour la première session du Synode de l’Eglise en République tchèque. Une session marquée par la mésentente avec le ministre de la culture.
Evêques, prêtres, religieux et laïcs ont analysé les défis auxquels l’Eglise doit faire face avec les changements politiques, sociaux et économiques qui ont lieu dans le pays, ainsi que l’entrée dans l’Union Européenne, rapporte l’agence Zenit.
Le Synode a commencé à un moment difficile pour les relations entre l’Eglise et le gouvernement tchèque. A Velehrad, le cardinal Miroslav Vlk, archevêque de Prague, a accusé le ministre de la culture, Pavel Dostal, de provoquer des «difficultés» pour la vie de l’Eglise.
Le ministre a été accusé «d’empêche l’Eglise d’accomplir sa mission», a déclaré pour sa part l’archevêque de Olomuc, Mgr Jan Graubener, président de la Conférence épiscopale.
Les représentants de l’Eglise ont également déploré le rejet au parlement de la proposition de Concordat pour réglementer les relations entre l’Eglise et l’Etat, qui avait été signé en juillet 2002 par des représentants du gouvernement et du Saint-Siège, mais qui fut rejeté par la Chambre des Députés en mai dernier.
Vaste programme
Les sessions du Synode, qui se déroulera sur trois ans, aborderont des questions comme le dialogue interreligieux, le rôle des laïcs dans l’Eglise, l’évangélisation, l’apostolat social et certains domaines de la pastorale : les malades, les personnes âgées et l’initiation chrétienne. Un espace particulier sera consacré à l’histoire du peuple tchèque.
«Notre Eglise a beaucoup perdu dans le passé mais elle a démontré qu’elle est capable d’affronter les totalitarismes violents», a déclaré Mgr Graubener, en faisant référence aux années du communisme qui ont donné de la République tchèque l’image de l’un des pays les plus athées au monde. «Maintenant elle doit cependant relever la tête, a-t-il poursuivi, savoir quelles sont ses valeurs, sa volonté et son enthousiasme pour partager avec les autres le trésor de la foi et apporter l’Evangile à la société. Mais pour cela, il faut une formation, une éducation»
Un peu plus de 39% des quelque 10 millions d’habitants de la République tchèque sont catholiques. Selon certaines études, près de 40% de la population serait athée. La pratique religieuse dominicale est parmi les plus faibles au monde. (apic/zenith/sh)



