Les deux Hongrois travaillaient pour l’Action commune des Eglises
Tchétchénie : Deux travailleurs humanitaires enlevés
Moscou, 24 octobre 1997 (APIC) Deux Hongrois travaillant pour le compte de l’Action commune des Eglises (ACT), ont été enlevés à Grozny, capitale de la République de Tchétchénie jeudi matin 23 octobre, ont annoncé à Moscou des représentants de l’Eglise orthodoxe russe.
Depuis la fin du conflit militaire, l’an dernier, la Tchétchénie est le théâtre d’une vague d’enlèvements qui constituent, dit-on, une source d’enrichissement – sous forme de rançons – non seulement pour les chefs de guerre locaux mais aussi pour certains fonctionnaires gouvernementaux tchétchènes de haut rang. Des journalistes et des travailleurs humanitaires figurent en bonne place parmi les cibles visées par les ravisseurs.
Les deux hommes enlevés jeudi, Gabor Dunaijsky et Istvan Olah, sont employés par Hungarian Interchurch Aid (Entraide des Eglises hongroises), qui gère des projets d’aide humanitaire dans la région du nord du Caucase, avec l’Eglise orthodoxe russe, sous les auspices du réseau mondial d’Eglises ACT, parrainé par le Conseil oecuménique des Eglises et la Fédération luthérienne mondiale.
Oleg Kalimulin, coordinateur de l’ACT pour la région du nord du Caucase, contacté par téléphone à Pyatigorsk, à 160 kilomètres au nord-ouest de Grozny, par le correspondant d’ENI, a préécisé que Gabor Dunaijsky et Istvan Olah avaient été enlevés par un groupe de 10 à 15 hommes, qui ont fait irruption dans les bureaux de l’ACT à Grozny à trois heures du matin, après avoir désarmé les gardes qui surveillaient le bâtiment. Ils ont fouillé les bureaux et emporté 40’000 dollars, des documents et un téléphone par satellite.
Une troisième employée de l’ACT, qui était aussi dans le bureau à ce moment, Agnes Hetvegy, hongroise, n’a pas été prise en otage et elle a trouvé refuge dans les bureaux de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a précisé Oleg Kalimulin.
L’ACT coordonne actuellement les recherches visant à retrouver les deux hommes, en coopération avec les autorités fédérales russes et les organisations tchétchènes. Les démarches pour obtenir la libération d’otages sont en général très longues et les négociations peuvent durer plusieurs mois
Le mois dernier, Dimitri Petrov et Dimitri Piankowsky, tous deux citoyens de la Fédération russe, employéspar l’ACT et le Fonds orthodoxe d’aide internationale (IOCC), avaient été enlevés prés de la frontière entre la République d’Ingouchie et la Tchétchénie. A ce jour, ils n’ont toujours pas été retrouvés, en dépit des efforts des organisations dont ils dépendent.
Selon certains journaux, un membre de Médecins sans frontières, Christophe André, de nationalité française, enlevé en Tchétchénie il y a plus de trois mois, a pu s’échapper. Détenu dans la ville de Gudermes, dans le centre de la Tchétchénie, il a pu rejoindre Grozny avec l’aide de la population locale. (apic/eni/mp)




