France: Les conservateurs américains condamnent l’associé musulman de Batman

Tempête dans la blogosphère

Paris, 9 janvier 2011 (Apic) Alors qu’en France la sortie d’un comics d’un nouveau genre est passée presque inaperçue, outre Atlantique, les passions se déchaînent autour de la figure du Nightrunner.

Selon l’AFP, le Nightrunner est le nouvel associé de Batman. En excellente forme physique, ce jeune homme pratique le parkour, une discipline de gymnastique et d’escalade urbaine, et combat le crime au côté de l’homme chauve-souris. Il s’appelle Bilal Asselah, il est Français et musulman. Et il n’est pas du goût des conservateurs américains.

« Apparemment, Batman n’a pas pu trouver un vrai Français pour être le ’sauveur français’ », ironise l’écrivain conservateur américain Warner Todd Huston. Et d’ajouter: « Au moment où de jeunes musulmans terrorisent la France, alors que le terrorisme musulman agresse le monde entier, les lecteurs de Batman sont plongés dans la confusion. » Un avis qui a provoqué la réaction des nombreux musulmans et militants de gauche dans la blogosphère.

Né des émeutes des banlieues

Mais qui est donc vraiment le Nightrunner? Le personnage est doublement né des émeutes des banlieues françaises. D’abord parce que l’événement a inspiré l’auteur britannique du comics, David Hine: « Les problèmes en banlieue et avec les minorités ethniques dominent l’actualité française sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy et il était pour moi inévitable de faire de mon héros un Français d’origine algérienne ». Ensuite parce que les émeutes sont le déclencheur de la « carrière de super-héros » du Nightrunner: pris pour des émeutiers, Bilal et ses amis sont passés à tabac par la police. Alors que ses compagnons cherchent à se venger, empruntant le chemin de la violence et trouvant une fin funeste, le jeune homme choisit une autre voie. Grâce à l’influence de sa mère, une musulmane pieuse, il rejette tout sentiment de haine et, une fois masqué, s’engage pour faire triompher la justice.

Une histoire violemment condamnée par les conservateurs américains mais qui, confie David Hine, est celle d’un « héros qu’il voudrait voir dans une bande dessinée s’il était français. » (apic/afp/amc)

9 janvier 2011 | 18:40
par webmaster@kath.ch
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