Le bienheureux Charles de Foucauld en 1915 (Photo:dr)
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Le bienheureux Charles de Foucauld en 1915 (Photo:dr)

Terre Sainte: Centenaire de la mort du bienheureux Charles de Foucauld

01.11.2015 par Raphaël Zbinden

Nazareth, 01.11.2015 (cath.ch-apic) Le 31 octobre, à Nazareth, au nord d’Israël, s’est ouverte l’année du centenaire de la mort du bienheureux Charles de Foucauld (1er décembre 1916), rapporte le site internet du Patriarcat latin de Jérusalem (PLJ). C’est l’occasion de (re)découvrir la vie lumineuse et la touchante spiritualité d’un homme entièrement donné au Christ et aux autres, assure l’institution de Terre Sainte.

Le Frère Marco Cosini, Petit frère de Jésus Caritas, revient pour le PLJ sur la vie de Charles de Foucaud à Nazareth, et évoque les différents évènements qui marqueront l’année du centenaire.

Charles de Foucauld a habité en Palestine et en Syrie. Il a aimé et connu le Moyen-Orient, connaissait l’arabe et l’hébreu, priait avec un Evangile en arabe, rappelle le religieux. Charles de Foucauld a d’abord vécu dans ce qui était alors la Syrie (à Akbès, le monastère trappiste de Notre-Dame du Sacré-Coeur). Il est ensuite venu en Terre Sainte, à Nazareth. Il y a approfondi la spiritualité qui guidera sa vie humaine et spirituelle: la spiritualité de Nazareth. “Cette spiritualité est centrée sur le mystère de l’Incarnation, où notre Dieu se fait homme et prend notre chair en Son Fils “, souligne Frère Marco.

Reconnaître Dieu dans la vie quotidienne

C’est de là que part la réflexion sur la vie cachée de Jésus pendant les trente premières années de sa vie à Nazareth, où il mené une vie semblable à celle de tout être humain. La spiritualité de Frère Charles tend à reconnaître la présence de Dieu dans la vie quotidienne, à tout moment et en tout lieu, car Jésus lui-même a vécu ce quotidien, assure le religieux de Terre Sainte. C’est le mystère de l’Incarnation qui se dilate dans l’espace et dans le temps à travers la vie des disciples de Jésus. “Ce mystère réside dans ce que nous offre notre vie quotidienne, entre autre les relations avec ceux qui nous entourent: juifs, musulmans, athées ….”, relève Frère Marco. Lorsque Charles de Foucauld est arrivé dans le désert il aimait appeler sa maison ‘la fraternité’: un lieu où tout le monde pouvait se sentir chez soi, et où chaque homme, qu’il soit musulman, chrétien, juif ou athée, pouvait le considérer comme un frère, le “frère universel”. “Je crois que c’est le premier message que les chrétiens de cette terre doivent garder du témoignage du Frère Charles”, affirme le Petit Frère de Jésus Caritas.

Une mémoire du génocide arménien

“L’autre message que nous retenons est celui de son séjour en Syrie”, poursuit-il. A cette époque, le tragique génocide arménien avait déjà commencé. Charles de Foucauld rapporta avec précision le nombre de martyrs qui ont accompagné son séjour en terre syrienne. Il voulait lui-même être martyr. Aujourd’hui, au Moyen-Orient, le martyre fait malheureusement partie de l’horizon du chrétien, rappelle Frère Marco. “Si on ne peut tolérer qu’un si grand nombre de personnes meurent martyrs, peut-être à cause de l’indifférence des puissances occidentales, mais pas seulement, on peut en revanche retenir l’amour passionné de Charles de Foucauld pour son Seigneur Jésus”.

Peu de jeunes chrétiens connaissent sa vie

Il rappelle que la communauté des Petits Frères de Jésus Caritas n’est qu’une petite goutte dans l’océan de la présence chrétienne au Moyen-Orient. “Cela nous amène souvent à réfléchir sur la petitesse de notre travail. Nous ne prétendons pas changer le monde entier, mais nous vivons dans l’espérance d’avoir une vie conforme à l’Evangile”, confie-t-il.

Frère Marco assure que, pour les chrétiens de Nazareth, Charles de Foucauld est un concitoyen vénéré et dont ils sont fiers. “Cependant, nous avons remarqué une perte de la mémoire de Charles de Foucauld chez les jeunes générations: peu de jeunes chrétiens connaissent sa vie, la plupart ne savent même pas où il a vécu. Voilà pourquoi nous avons ressenti le besoin urgent de faire résonner encore la voix du bienheureux Charles de Foucauld à travers sa ‘vie de Nazareth’ en profitant de l’occasion du centenaire de sa mort”, explique-t-il. Il indique que chez les musulmans, peu connaissent cette figure. Cependant, grâce à la présence des Petites Soeurs de Jésus, des liens d’amitié avec des musulmans se sont créés au fil des années. Une amitié et une fraternité qui ne connaissent pas d’obstacles et qui se propagent à travers les gestes simples du quotidien: “c’est le message de Charles de Foucauld, aussi pour les personnes d’autres confessions”, martèle le religieux.

L’année du centenaire de la mort de Charles de Foucauld verra plusieurs évènements visant à partager son message avec le plus de personnes possible. La date de l’ouverture de l’année, le 31 octobre 2015, commémore la conversion de Charles de Jésus, fin octobre 1886.

Des soirées de prière, des visites par les écoles de la maison du bienheureux, un projet musical en arabe sur sa vie, ainsi qu’un rassemblement interconfessionnel sont notamment prévus. (apic/plj/rz)

 

 


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