Terre Sainte : Déclaration conjointe Al-Azhar – Vatican sur le Moyen-Orient

Solidarité avec  » les territoires injustement occupés  »

Rome, 7 mars 2001 (APIC) «Tant qu’il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient, il n’y aura pas de paix dans le monde». C’est ce qu’a déclaré Mgr Michael Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical interreligieux, à propos de la déclaration commune sur la situation au Proche-Orient signée au Caire ce 24 février par la «Commission mixte du Comité permanent d’Al-Azhar pour le Dialogue entre les Religions monothéistes» et le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Une commission mixte, formée du comité d’Al-Azhar et du dicastère romain, a été créée le 28 mai 1998 dans le but de faire se rencontrer des représentants catholiques et musulmans, afin de  » promouvoir une meilleure connaissance réciproque et un plus grand respect entre chrétiens et musulmans «. Les membres du comité se retrouvent tous les ans, au Caire ou au Vatican. Cette année, la date du 24 février a été choisie en souvenir de la visite de Jean Paul II à Al-Azhar, le même jour, durant son voyage jubilaire en Egypte de l’an dernier.

Formulée en six points, la déclaration commune, signée pour le Saint-Siège par le cardinal Francis Arinze et par Mgr Michael Fitzgerald, respectivement président et secrétaire du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, fait allusion en particulier à la situation en Terre Sainte.

Le comité exprime «son horreur face à l’accroissement du nombre de morts, (…) des destructions et d’autres causes de la souffrance de la population, spécialement dans les territoires injustement occupés». Il exprime sa solidarité «envers toutes les victimes et leurs familles… et l’espoir d’une paix fondée sur la justice et la légalité internationale prédominantes, qui mette fin à toutes ces souffrances». Après avoir lancé un appel aux dirigeants religieux, les signataires «reconnaissent les efforts faits en vue d’une solution pacifique au problème des Lieux Saints de Nazareth». Ils réaffirment en outre «le caractère spécial de Jérusalem pour les trois religions monothéistes, condamnant toute violation du principe de la liberté religieuse, notamment le bouclage des accès aux Lieux Saints, la violence et les profanations, et tout autre acte pouvant mettre en péril ces lieux sacrés».

Un dialogue dont on parle trop peu

«L’enjeu de cette déclaration est très important», a déclaré Mgr Fitzgerald, précisant que «le conflit en Israël et en Palestine intéresse tous les chrétiens et les musulmans». «Nous espérons qu’il y aura un jour des solutions adéquates», a-t-il ajouté, citant l’exemple du projet de construction d’une mosquée à Nazareth, à quelques mètres de la basilique chrétienne.

«La situation change parce que la population musulmane s’est accrue», a expliqué le prélat. «Il y a quelques années, les relations entre les chrétiens et les musulmans étaient bonnes. Aujourd’hui encore, elles le sont, mais certains ne veulent pas de ce dialogue.» La déclaration commune signée au Caire «condamne toute action pouvant causer une division et une dissidence entre chrétiens et musulmans», a encore souligné Mgr Fitzgerald, déplorant que «l’on ne fasse pas davantage mention des actions positives qui se font entre chrétiens et musulmans».

Le dialogue entre chrétiens et musulmans sera de nouveau à l’ordre du jour lors de deux colloques organisés par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. «Religion et culture» sera le thème du premier, qui se déroulera en juillet à Rome, en collaboration avec l’Académie royale de Jordanie pour la recherche sur la civilisation islamique. Le second, sur «Les jeunes et la religion», aura lieu en septembre en Iran. (apic/cip/imed/bb)

7 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!