Mgr Sabbah rend hommage à l’esprit d’ouverture de Yasser Arafat
Terre Sainte et présence chrétienne dans les Territoires
Jérusalem, 12 novembre 2004 (Apic) Le patriarche Michel Sabbah de Jérusalem espère qu’après la mort de Yasser Arafat les futurs responsables palestiniens continueront à porter une attention spéciale à la présence chrétienne en Terre Sainte.
Dans une déclaration à Radio Vatican, le 11 novembre 2004, quelques heures après l’annonce officielle du décès du président de l’Autorité palestinienne, le patriarche catholique latin résidant à Jérusalem a relevé que Yasser Arafat avait porté une attention spéciale à la présence chrétienne, aux églises et, également, aux chrétiens palestiniens.
Le leader palestinien a eu de nombreux gestes pour «permettre» aux chrétiens de participer aux cérémonies religieuses, en particulier à Noël, a-t-il expliqué sur les ondes de la radio du pape. Yasser Arafat, a-t-il poursuivi, a en outre pris des décisions pour insérer des maires chrétiens dans les villes et les villages où il y a une forte présence chrétienne comme à Bethléem.
«Pour lui, la Palestine n’était pas seulement la terre des Palestiniens ou des Israéliens, mais aussi la terre du monde entier, de par la présence des lieux saints chrétiens», a ainsi affirmé Mgr Sabbah. Ce dernier espère que «cette vision universelle, qui dépasse même le nationalisme, continuera avec tous les leaders qui prendront sa place, et avec tous les responsables de la Palestine et d’Israël».
Pour le patriarche catholique, Yasser Arafat était «très proche» des chrétiens, intervenant parfois dans des discussions entre chrétiens et musulmans, en particulier à Bethléem. «Il est intervenu personnellement pour remettre les choses à leur place et redonner un équilibre dans les relations entre chrétiens et musulmans».
Yasser Arafat s’était également prononcé contre la construction d’une grande mosquée à Bethléem, à quelques dizaines de mètres seulement de la Basilique catholique de la Nativité: «Il avait pris une position très claire» contre ce projet, a ainsi rapporté Mgr Sabbah.
Interrogé par ailleurs sur les nombreuses rencontres entre le pape et Yasser Arafat, le patriarche latin de Jérusalem a estimé qu’elles ont légitimé le rôle fondamental du leader palestinien dans le processus de paix au Proche-Orient. «Jean Paul II a ouvert les yeux au monde», a-t-il poursuivi «et le monde entier, par les accords d’Oslo, a reconnu en lui le leader d’un peuple et, donc, a reconnu les droits d’un peuple». Mgr Sabbah estime que «désormais le monde entier, Israël et l’Amérique inclus, reconnaît désormais qu’il y aura un Etat palestinien». (apic/imedia/bb/pr)




