Bethléem, ville sacrifiée depuis un an

Terre Sainte: La guerre en Irak n’a fait qu’aggraver tous les problèmes sociaux

Bethléem, 9 avril 2003 (Apic) Rien ou presque rien n’a changé à Bethléem depuis le siège de la Basilique de la Nativité par l’armée israélienne il y a un an. Le tourisme, qui faisait auparavant vivre près de 85% de la population, est quasiment inexistant. Quant au chômage, il avoisine 90%… pas de quoi inciter à l’optimisme, constate le Père Ibrahim Faltas, supérieur de la Basilique de la Nativité.

«Presque rien n’a changé», un an après ce siège, la guerre continue, ainsi que la souffrance de la population civile et l’engagement des Frères Mineurs. Le père Ibrahim Faltas dresse un sombre tableau en évoquant l’avenir de Bethléem et la période du 2 avril au 10 mai 2002: 39 jours de siège imposés par l’armée israélienne. Dans les pires conditions et la violence.

«Je ne puis oublier, relève-t-il aujourd’hui dans un entretien accordé à Vidimus Dominum, que dans l’église de la Nativité, le lieu le plus saint du monde, 8 personnes ont été tuées et plus de 25 autres ont été blessées. Nous étions 240 Palestiniens, 30 Frères, trois Gréco-orthodoxes et trois Arméniens».

Depuis la fin du siège à ce jour, ajoute-t-il, pratiquement rien n’a changé, «car nous avons passé un grand nombre de jours sous le couvre-feu. Maintenant, Dieu merci, ça fait déjà plus d’un mois et demi qu’il n’y a plus de couvre-feu». Mais les gens à Bethléem vivent «une situation vraiment terrible: 85% de la population travaillent dans le secteur touristique. Et le tourisme est bloqué, personne ne vient en ce moment».

Avec la guerre en Irak, déplore-t-il encore, le chômage est monté en flèche, il a dépassé 90%. «En ce moment nous avons vraiment besoin de tout. Jamais, dans l’histoire des Palestiniens et des Israéliens, les gens n’ont été contraints de vivre dans de telles conditions!» (apic/vd/pr)

9 avril 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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