Terre Sainte: Le cardinal Martini dénonce l’idolâtrie de la violence
«La mémoire des souffrances accumulées alimente la haine»
Rome, 7 septembre 2003 (Apic) «La mémoire des souffrances accumulées alimente la haine», souligne le cardinal Carlo Maria Martini. De retour à Jérusalem à un moment où la tension israélo-palestinienne est à son comble, l’ancien archevêque de Milan invite les protagonistes à comprendre la douleur des autres afin de parvenir à une acceptation réciproque. «Si chaque peuple prend en considération la douleur de l’autre, la paix deviendra possible», a-t-il confié à un journal italien.
«La mémoire des souffrances accumulées alimente la haine – fait remarquer Martini dans une interview accordée à la presse italienne, mais si elle devient aussi mémoire des souffrances de l’ennemi, alors elle pourra amorcer un processus de compréhension».
De retour dans la cité sainte, où il s’est retiré pour prier et étudier, le religieux a résumé son appel à la paix entre Israéliens et Palestiniens dans un article publié dans un quotidien italien à grand tirage. Il y déclare que «le monde est en proie à la violence parce qu’il est l’esclave des idoles». C’est la conviction à laquelle est parvenu le cardinal jésuite durant les six mois de son récent séjour à Jérusalem pour des raisons d’étude.
«Aujourd’hui, insiste-t-il, la seule alternative à la paix est la terreur, quelle que soit la forme qu’il puisse prendre. Quand la seule alternative est le mal absolu, le dialogue n’est pas seulement une des solutions possibles, mais il devient une nécessité inéluctable. C’est pour cette raison que les leaders de toutes les parties en conflit doivent tenter, sans aucune hésitation, le dialogue de la paix».
Penser à la douleur d’autrui, le préambule de toute future politique de paix
Aux yeux de l’ancien archevêque de Milan, il est nécessaire que le monde entier exerce une forte pression en faveur de la «feuille de route» censée ramener la paix dans la région. «Au lieu de construire des murs de ciment et de pierre pour diviser les parties en conflit – conclut Martini – il vaut mieux construire un pont d’hommes qui, tout en garantissant la sécurité des deux parties, permette aux deux communautés de communiquer et de s’entendre toujours plus en ce qui concerne les choses essentielles et quotidiennes.
Pour en finir avec l’idole de la douleur et de la haine qui, certainement, se sont accumulées en pesant sur les coeurs, il est très important d’apprendre à prendre en considération la douleur des autres.» Car si chaque peuple se limite à ne penser qu’à sa propre douleur, alors le ressentiment, les représailles et la vengeance prévaudront invariablement. «Penser à la douleur d’autrui constitue le préambule de toute future politique de paix». (apic/vid/be)



