Mgr Martino condamne l’acharnement d’Israël
Terre Sainte: Les franciscains proposent leur médiation entre Israéliens et Palestiniens.
Rome, 5 avril 2002 (APIC) Les franciscains de Terre Sainte se proposent comme médiateurs dans la guerre que mène Israël contre les Palestiniens, a déclaré vendredi à Rome le Père Giacomo Bini, ministre général des frères mineurs.
Pour sa part, Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, condamne dans un entretien à l’»Avvenire» la «lenteur» de la diplomatie américaine et critique «l’acharnement d’Israël de ces derniers jours». Surtout, il déplore le «niet» de Sharon au plan de paix de la Ligue des Etats arabes. Il y avait là, dit-il, un signe clair de reconnaissance envoyé à l’Etat d’Israël pour la première fois depuis sa création. D’où la désagréable certitude, pour nombre d’observateurs, que la paix ne sert pas Sharon.
«S’il vous plaît, déposez les armes ! Nous sommes prêts à servir d’intermédiaire entre les parties en conflit, en collaboration avec le Saint-Siège», a déclaré le père Giacomo Bini devant des journalistes du monde entier. Alors qu’il est en contact permanent avec les franciscains de Terre Sainte, le ministre général de l’Ordre a ainsi retransmis l’appel envoyé le matin même par téléphone par le père Giovanni Battistelli, supérieur des franciscains de Terre Sainte.
Faisant plus particulièrement allusion à la situation à Bethléem, la ville de la chrétienté assiégée par Israël, le père Bini a proposé l’aide des religieux comme «médiateurs» entre les autorités des deux parties. «Nous sommes en contact quotidiennement avec les soldats israéliens et palestiniens, sur place, mais nous constatons que tout le monde obéit à des ordres venant de plus haut», a-t-il insisté. Selon lui, par ailleurs, «s’il n’y a pas eu de sang versé jusqu’à aujourd’hui à Bethléem, c’est grâce aux frères et à la basilique».
Alors que les quelque 300 personnes enfermées dans le couvent franciscain de la ville où naquit le Christ n’ont plus de quoi manger, le supérieur de l’Ordre a enfin appelé toutes les parties «à ne pas répondre à la souffrance par la souffrance». «Si l’un de vous a souffert d’injustice, hier ou dans le passé, a-t-il lancé, qu’il ne se permette pas de répondre par la souffrance car nous risquons d’assister à un suicide national !».
Le père Giacomo Bini a en outre envoyé une lettre au président américain George Bush, le 5 avril, afin de demander «au nom de tous les franciscains» d’intervenir «pour mettre fin immédiatement au déchaînement de la violence dans toute la région». S’unissant alors à l’appel des patriarches de Terre Sainte du 2 avril dernier, le religieux a condamné «tous les massacres aveugles et arbitraires» et déploré «les nombreuses souffrances subies par la population civile».
«En tant que disciples de saint François, nous nous engageons à collaborer avec les habitants de Terre Sainte pour parvenir à une paix véritable et durable», conclut le message, invitant le président des Etats-Unis «à insister sur le dialogue comme seule et légitime voie».
L’occasion ratée
Dans un entretien au quotidien de la Conférence épiscopale italienne «Avvenire», publié le 5 avril, Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, a regretté de son côté qu’Israël «n’ait pas pris au bond la proposition de la Ligue des Etats arabes réunie à Beyrouth la semaine dernière, d’une reconnaissance et d’un voisinage pacifique». «C’est la première fois, depuis qu’Israël existe, que le monde arabe envoie à cet état hébreux un signal de reconnaissance de l’existence d’Israël. On aurait pu construire beaucoup sur ce revirement historique qui, au contraire, a été suffoqué par la violence».
Le prélat déplore notamment «l’acharnement d’Israël ces derniers jours», ainsi que «toutes les tentatives inutiles». «Je continue d’espérer contre toute espérance, ajoute-t-il toutefois, regrettant cependant que le président américain, par son discours très ferme du 4 avril au pays, «ait pris tant de temps à se prononcer fermement sur le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens». «S’il avait répété plus tôt avec force le contenu de la résolution 1402 de l’ONU, il aurait épargné de nombreuses vies humaines détruites inutilement», affirme-t-il.
La résolution 1402 approuvée par le Conseil de Sécurité de l’ONU le 30 mars dernier demande «le retrait d’Israël de Ramallah et de toutes les villes palestiniennes», ainsi qu’un cessez-le-feu immédiat et «l’arrêt de tous les actes de violence, incluant les actes de terreur et les provocations». Cette résolution invite également «les parties à mettre fin à la violence et à reprendre le processus de paix». L’objectif est de «reprendre les négociations pour une solution politique». (apic/imed/pr)



