13% des terres autour de Bethléem accessibles aux Palestiniens
Terre Sainte: Les Palestiniens toujours plus encerclés par les colonies et les zones militaires
Bethléem/Jérusalem, 11 mai 2009 (Apic) Alors que les Palestiniens dénoncent l’occupation israélienne de Jérusalem-est à l’occasion de la venue du pape – ils en veulent pour preuve la fermeture d’un centre de presse palestinien ouvert à Jérusalem pour la durée de la visite de Benoît XVI – la confiscation des terres palestiniennes continue autour de Bethléem.
Selon un rapport du Bureau de l’ONU pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), seules 13% des terres autour de Bethléem peuvent être utilisées par les Palestiniens.
L’OCHA relève que la ville qui a vu naître le Christ est cernée par les colonies de peuplement israéliennes et les zones militaires ainsi que par le mur de séparation israélien. Les confiscations de terre sont «justifiées» par des impératifs militaires, prétendent les Israéliens. Mercredi 13 mai, le pape Benoît XVI sera à Bethléem pour y célébrer la messe et visiter le camp de réfugiés d’al-Aida.
Le gouvernorat de Bethléem compte 175’000 habitants, dont de nombreux chrétiens. Selon l’OCHA, les deux tiers des 660 km2 du gouvernorat sont passés sous contrôle israélien, et quelque 86’000 Israéliens se sont installés dans les terres du gouvernorat, que ce soit dans des colonies ou des postes avancés. L’activité de colonisation menée par les Israéliens dans ces territoires palestiniens occupés depuis 1967 est illégale du point de vue du droit international.
«Les mesures prises par Israël ont réduit radicalement l’espace disponible pour les habitants de Bethléem, compromettant le développement économique et social futur du gouvernorat», selon le rapport de l’OCHA. En plus du terrain sous contrôle israélien, 20% des terres restantes ont été placées en «réserve naturelle» contrôlée par les Israéliens. L’ONU déclare que la barrière de séparation en Cisjordanie coupe Bethléem de son arrière-pays, et du côté ouest, bloque l’accès de la ville à ses champs et à ses pâturages. Ainsi, note l’ONU, la possibilité de Bethléem pour son expansion résidentielle et industrielle potentielle a été réduite, ainsi que son accès à ses ressources naturelles.
Pour les habitants de Cisjordanie, le mur de séparation – que les Israéliens invoquent comme barrière contre les attentats – n’est qu’un autre prétexte pour confisquer des terres palestiniennes.
Malgré les dénégations officielles du gouvernement israélien, Yesh Din, un groupe israélien qui milite contre la colonisation des terres palestiniennes, affirme que les activités de colonisation en Cisjordanie n’ont jamais été aussi fortes depuis 2003. L’organisation israélienne cite plus de 20 cas de nouvelles constructions dans les territoires occupés depuis janvier dernier, des deux côtés du mur de séparation, dont un certain nombre d’avant postes bâtis sans permis.
Les évacuations des avant-postes illégaux ne sont pas menés avec volonté et rigueur, tandis que le gouvernement dit qu’on ne bâtit pas des nouvelles colonies, mais que l’on ne fait que les étendre suivant la «croissance naturelle» dans les limites des colonies existantes. A Jérusalem, le Père Pierre Madros, conseiller de Mgr Fouad Twal, patriarche latin de la Ville sainte, a pour sa part insisté: «Jérusalem-Est n’est pas Israël!». (apic/com/bbc/be)



