Politique partiale des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne

Terre sainte: Une délégation œcuménique constate la désertion des lieux saints

Londres, 17 avril 2001 (APIC) En raison des violences qui ont éclaté entre Palestiniens et Israéliens, le nombre des pèlerinages a «considérablement diminué». Tel est le cri d’alarme lancé par une délégation œcuménique au retour d’une visite en Terre Sainte. Les membres de la délégation dénoncent également la violence du gouvernement israéliens face aux Palestiniens et reprochent aux gouvernements des Etats-Unis et de Grande-Bretagne de mener une politique partiale au Moyen-Orient.

Cette délégation, qui représentait le Rassemblement des Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande (CTBI), a appelé les Eglises des pays occidentaux à faciliter le renversement de cette désertion, qui a des «conséquences catastrophiques» pour les travailleurs de Bethléem, Nazareth et Jérusalem.

Parmi les douze délégués figuraient l’évêque anglican d’Exeter en Angleterre, Michael Langrish, et des représentants des Eglise catholique romaine et orthodoxe, de l’Eglise méthodiste, de l’Union baptiste, de l’Eglise réformée unie et de l’Eglise d’Ecosse.

La violence ne résoudra pas la crise

La délégation a présenté ses conclusions lors d’une rencontre des représentants des Eglises du Rassemblement tenue au Pays de Galles du 30 mars au 1er avril. Ses 16 réflexions préliminaires doivent encore faire l’objet d’un rapport détaillé. Parmi les points de réflexion qui se dégagent de cette visite, la délégation a souligné que la violence – «par le bâton ou les pierres, les tanks ou les hélicoptères de combat» – ne résoudra pas la crise entre les Palestiniens et les Israéliens.

Pour les membres de la délégation, les appels lancés par le gouvernement israélien au leader palestinien Yasser Arafat pour qu’il fasse «cesser la violence» sont «simplistes». Par ailleurs, lorsque les Israéliens prétendent avoir agi avec modération, leurs affirmations «ne supportent pas l’examen».

Deux poids, deux mesures

Il est également reproché aux gouvernements des Etats-Unis et de Grande-Bretagne de mener une politique partiale au Moyen-Orient. «Dans toute la région, ils sont accusés d’appliquer ’deux mesures’, et l’on compare la politique occidentale à l’égard d’Israël avec celle concernant l’Irak et d’autres pays qui ne tiennent pas compte des résolutions des Nations Unies.»

Les membres de la délégation ont aussi cherché à dissiper l’idée selon laquelle le conflit serait d’ordre religieux. «Dans une région, qui est le berceau des trois grandes religions d’Abraham – le judaïsme, le christianisme et l’islam – la religion n’est pas elle-même une cause de conflit, et en de nombreux cas, elle est au source de réconciliation.»

D’après l’organisateur de la visite, Paul Renshaw, secrétaire du CTBI pour les affaires internationales, depuis le conflit le nombre des pèlerins a diminué de 70 à 90 % et 20’000 employés d’hôtels ont été licenciés.

Seul au Calvaire

L’évêque Langrish, qui s’est souvent rendu en Terre Sainte, a déclaré au correspondant de l’agence ENI avoir été frappé par «le silence» qui régnait en des lieux où normalement se pressait une foule de pèlerins. «La vieille ville de Jérusalem était morte, sans aucune activité économique. Un hôtel pour pèlerins était plongé dans l’obscurité, et le propriétaire m’a confié n’avoir pas de visiteurs depuis plusieurs mois. Quand je suis allé au Calvaire, j’étais la seule personne.»

Selon l’évêque Langrish, la situation change tout le temps et les gens doivent le savoir, mais il est important de leur dire que les visiteurs ne sont pas des cibles. «Aucune partie n’a intérêt à s’en prendre aux touristes.»

Il s’est déclaré choqué par l’effondrement de l’activité économique. «A Gaza, l’on peut cueillir des magnifiques fleurs pour quelques shekels. Elles sont destinées à l’exportation, mais ne peuvent être envoyées. Des quantités de fraises et de concombres sont en train de pourrir.»

Paul Renshaw et l’évêque Langrish sont inquiets des effets du conflit sur les communautés chrétiennes. Celles-ci perdent des membres qui décident d’émigrer. Les communautés chrétiennes autochtones, a constaté l’évêque Langrish, se plaignent d’être «oubliées». (apic/eni/bb)

17 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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