Terrorisme Déclaration des théologiens de «Concilium»

Solidaires de toutes les victimes de la globalisation

Brescia, 9 novembre 2001 (APIC) Les théologiens de «Concilium» s’interrogent sur le phénomène du terrorisme. Surtout, ils se déclarent solidaires de toutes les victimes de la globalisation, à l’heure où s’ouvre à Doha la 4e réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Passer du traumatisme du 11 septembre à un examen courageux de toutes les victimes de la globalisation, sans s’arrêter à la réponse plus facile et tenue pour acquise dans l’immédiat, comme la guerre contre le terrorisme, mais en cherchant à comprendre les mécanismes de l’injustice pour créer un monde plus juste: c’est, en résumé, la teneur d’une déclaration signée par le Comité de Direction de la revue internationale de théologie «Concilium «.

De nombreux théologiens appartenant à des ordres et des congrégations religieux font partie de ce Comité. La revue elle-même est née au lendemain du concile Vatican II à l’initiative de trois théologiens: l’Allemand Karl Rahner, le Français Yves Congar et le Belge Edward Schillebeeckx.

«La catastrophe du 11 septembre ne doit pas occulter les tragédies et les catastrophes silencieuses qui ont lieu quotidiennement en Afrique, en Asie et en Amérique latine et qui ne sont remarquées par presque aucun des médias mondiaux», souligne la déclaration. Constatant que les attaques contre New York et Washington sont devenues un événement médiatique dans lequel la fiction et la réalité se rejoignent tragiquement, quand en même temps «des dizaines de milliers de personnes trouvent chaque jour la mort tout en restant ignorées du monde», ses auteurs affirment: «Seuls ceux qui combattent contre cet oubli unilatéral ont le droit de voir pris au sérieux leur ressentiment contre cette nouvelle forme de mal, rendue manifeste à travers la manipulation d’un groupe de passagers innocents à bord d’un avion utilisé pour tuer un autre de groupe de civils innocents».

Vision myope

Le voeu des signataires est que l’horreur suscitée par la terreur soit entendue comme un désir de paix et convertie en initiatives concrètes pour la paix. À ce sujet, ils rappellent que «la prospérité financière et technique ainsi que le pouvoir de l’Occident ont été atteints à un prix élevé» ; que la pauvreté de beaucoup de régions du monde «est jusqu’à ce jour inimaginable»; que les flux d’argent non contrôlés politiquement et qui circulent dans le monde entier jouent souvent un rôle déstabilisant dans de nombreux pays.

«Dans beaucoup de nations post-coloniales, la répression ou la corruption de l’opposition politique légitime sont acceptées par les centres et les agences internationales du pouvoir les plus importants. Il ne faut pas perdre cela de vue dans la situation actuelle. Le monde ne peut changer que si ce double niveau est reconnu et affronté à travers un effort prolongé visant à surmonter les conditions globales d’inégalité et d’injustice sociale».

Au lieu de se limiter à des campagnes qui s’inspirent d’une vision myope, insistent les auteurs de la déclaration, il faut maintenant donner naissance à un mouvement vraiment global, en mesure d’unir tous les continents ainsi que les différentes cultures, dans la volonté de justice et de respect réciproque. «Ce genre d’approche offre la seule opportunité concrète de surmonter le terrorisme présent et futur et de favoriser une sécurité durable». (apic/cip/pr)

9 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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