De 4’000 à 5’000 victimes depuis le début du conflit

Thaïlande: Après un attentat contre une mosquée, l’armée nie son implication

Narathiwat, 9 juin 2009 (Apic) L’heure est à la tension et à la confusion à Narathiwat, dans le sud de la Thaïlande, où un attentat perpétré hier par des inconnus contre une mosquée dans le district de Cho Airong, durant la prière du soir, a fait 12 victimes et autant de blessés.

Quelques hommes masqués sont entrés par la porte de derrière et ont ouvert le feu avec des fusils automatiques sur une cinquantaine de fidèles. Certains sont grièvement blessés.

Le chef de l’armée, le général Anupong Paochina, s’est rendu aujourd’hui dans la province méridionale pour y rencontrer les responsables de la sécurité et ouvrir une enquête sur l’attentat qui n’a pas été revendiqué (comme la plupart de ceux survenus lors de cinq années d’insurrection séparatiste). Le chef de l’armée a rejeté les insinuations courant au sein de la population selon lesquelles l’attaque aurait été menée par les forces de sécurité qui auraient tiré profit de l’état d’insécurité. Il a conseillé au gouvernement d’évaluer avec prudence le rétablissement de la loi martiale dans le sud, ajoutant d’autre part qu’il n’est pas nécessaire d’envoyer des renforts aux 60’000 hommes des forces de sécurité déjà déployés. L’attaque est survenue au moment où le premier ministre Abhisit Vejjajiva était en visite en Malaisie voisine pour tenter un rapprochement avec le gouvernement de Kuala Lumpur. Ce rapprochement a pour but d’accroître les investissements dans le sud de la Thaïlande pour favoriser le développement d’une des zones les plus pauvres du pays. Vejjajiva a réaffirmé l’engagement du gouvernement pour améliorer la sécurité et renforcer l’économie dans les provinces frontalières de la Malaisie, où 19 personnes ont perdu la vie depuis vendredi. Selon la presse, le conflit séparatiste a causé en tout plus de 3’500 victimes, islamiques et bouddhistes, tuées par des sécessionnistes non identifiés. La riposte des militaires dans les provinces méridionales de Yala, Pattani et Narathiwat, territoires d’un ex-sultanat annexés il y a un siècle par la Thaïlande, les seuls à ce jour peuplés par des habitants à majorité musulmane et de langue malaise. Mais le vice-premier ministre Suthep Thaugsuban, qui se rendra samedi en visite dans la région, a fait état de 4’000 à 5’000 victimes. (apic/misna/js)

9 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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