Liberté de l’Eglise catholique toujours plus restreinte
Thaïlande: Congrès international sur les écoles chrétiennes en Asie
Bangkok, 10 juin 2008 (Apic) Dans plusieurs pays d’Asie, l’Eglise jouit d’une liberté de plus en plus restreinte dans le domaine de l’éducation. C’est le constat de plusieurs participants à une rencontre organisée en Thaïlande par le Bureau pour l’éducation et la formation chrétienne de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC).
Une trentaine d’évêques et de responsables laïcs actifs dans l’éducation en Asie se sont rencontrés du 25 au 30 mai à l’Université de l’Assomption à Suvarnabhumi, au sud-est de Bangkok, relève Eglises d’Asie. Ils ont abordé les implications dans le domaine de l’éducation de l’exhortation apostolique de Benoît XVI de mars 2007 sur «le sacrement de l’amour» (’Sacramentum Caritatis’). Ils ont également préparé la 9e assemblée plénière de la FABC, qui se tiendra début 2009 en Inde sur le thème: «Vivre l’Eucharistie en Asie».
Pour Steven Selvaraju, directeur des projets au Bureau catéchétique national de Malaisie, les écoles catholiques de son pays sont ordinairement réputées pour l’excellence de la formation académique qui y est dispensée. Et une partie non négligeable des élites de la Malaisie contemporaine y est ou y a été formée. Mais, depuis les années 1970, la réislamisation de ce pays majoritairement musulman rend les choses plus difficiles. «Les autorités ont peu à peu pris le contrôle des établissements fondés par les missionnaires, a-t-il expliqué dans une intervention reprise par Eglises d’Asie. L’enseignement scolaire de toute autre religion que l’islam n’est pas autorisé et, dans certaines écoles catholiques dirigées par des recteurs musulmans, les croix et autres symboles chrétiens ont été enlevés.»
Dans un pays qui présente un subtil équilibre entre les communautés ethniques et les religions, «il est devenu quasi impossible de proposer une formation à la foi chrétienne dans le cadre de nos écoles, et y célébrer l’Eucharistie est presque impensable», a-t-il ajouté. La formation catéchétique migre donc vers les paroisses mais, de ce fait, le lien entre formation humaine, formation chrétienne et Eucharistie n’est plus évident en milieu scolaire. Enfin, sur un plan pratique, les autorités n’ont pas hésité à prendre juridiquement le contrôle de certaines écoles catholiques, sans dédommager l’Eglise, lorsque, par exemple, des baux emphytéotiques sont arrivés à expiration et n’ont pas été prorogés.
Champ éducatif interdit à l’Eglise en Birmanie
Deux délégués venus de Birmanie ont indiqué que les militaires au pouvoir n’étaient toujours pas revenus sur les nationalisations menées après la prise du pouvoir du général Ne Win en 1962. Aujourd’hui, mis à part quelques écoles d’infirmières tenues par des religieuses, le gouvernement interdit à l’Eglise catholique, et aux Eglises chrétiennes en général, d’investir le champ éducatif. Les conséquences de cette politique sur la jeunesse, y compris la jeunesse catholique, sont sensibles, ont-ils souligné. «Les jeunes n’ont pas de temps pour ce qui relève du spirituel», a déclaré l’un des deux délégués. «C’est l’égoïsme qui prévaut. Sans perspective pour une éducation supérieure de qualité ou un emploi bien rémunéré, les jeunes ne pensent qu’à quitter le pays», a ajouté le second délégué.
Une note plus positive est venue du Vietnam, avec le témoignage de Mgr Paul Bui Van Doc, évêque de My Tho et président de la Commission épiscopale vietnamienne pour la doctrine de la foi. Dans ce pays dirigé par un Parti communiste, l’éducation est bien entendu un domaine réservé de l’Etat, mais il est encourageant pour l’Eglise de voir que, dans de nombreux lieux, des jardins d’enfants tenus par des religieuses s’ouvrent. Peu à peu, on peut espérer que les autorités laissent l’Eglise réinvestir le champ éducatif jusque et y compris les établissements d’enseignement supérieur. (apic/eda/bb)



