Le Saint-Siège souhaite la promotion de meilleures stratégies

Thaïlande: Le Vatican présent au 11e congrès de l’ONU sur la prévention des crimes

Rome, 28 avril 2005 (Apic) Le Saint-Siège souhaite promouvoir des stratégies et des pratiques meilleures en terme de prévention délictuelle et de justice criminelle.

Préoccupé par certains problèmes liés à la prévention délictuelle et à la justice criminelle, le Saint-Siège souhaite promouvoir des stratégies et des pratiques meilleures dans ces domaines, au niveau local et international. Tel a été le voeux émis le 25 avril 2005 par de Mgr Salvatore Pennachio, nonce apostolique en Thaïlande, qui guidait la délégation vaticane au 11e congrès de l’ONU sur la prévention des crimes et la justice pénale.

Le 11e congrès de l’Onu sur la prévention des crimes et la justice pénale s’est tenu à Bangkok en Thaïlande du 18 au 25 avril 2005. La délégation du Saint-Siège était composée de Mgr Salvatore Pennachio, du père John Kallarackal, secrétaire de la nonciature apostolique en Thaïlande et du jésuite Jean Barry.

Dans son intervention, Mgr Salvatore Pennachio a d’abord remercié ses interlocuteurs pour le moment de silence en hommage à Jean Paul II, à la session d’ouverture du congrès. Il a ensuite abordé le problème «très critique de la prévention contre le délit et de la justice criminelle».Car «le délit n’est pas seulement une menace pour la paix et l’ordre mais aussi pour la dignité humaine de la victime et de l’offensé, souvent affecté et violé».

Le Saint-Siège espère que le congrès de Bangkok aidera à répondre aux défis qui leur sont liés, a-t-il dit, mais aussi à accroître la prise de conscience et à promouvoir les stratégies et pratiques les meilleures pour la prévention criminelle. Il a aussi souhaité que le congrès oeuvre à rendre encore plus effective la réforme de la justice criminelle «pour assurer ordre et stabilité aux niveaux national et international».

En effet, pour le nonce apostolique en Thaïlande, «en raison des moyens de communication ultramodernes, la prévention délictuelle n’est plus une question à résoudre localement. Elle doit plutôt être discutée au niveau international». Le représentant du Saint-Siège à Bangkok a alors souligné que le Vatican était «particulièrement préoccupé par certains problèmes liés à la prévention délictuelle et à la justice criminelle». Il en a listé cinq.

Le premier est «le trafic d’être humains», qui prive souvent les personnes les plus vulnérables – femmes et enfants – d’un avenir décent. «Ce problème est particulièrement lié aux possibilités déclinantes de migration régulière coïncidant avec l’émergence d’un marché pour les services de migration irrégulière», a-t-il expliqué. Il est «de grande importance que les systèmes nationaux et internationaux de justice criminelle identifient non seulement les criminels mais aussi ceux qui souffrent en tant que victimes du trafic», a-t-il encore souligné.

Le second point est «celui de la vente et de la possession d’armes à feu». «Le problème est lié de façon étroite à la construction de la paix et est une composante clef d’un développement économique et social réellement soutenable». Car «il y a clairement un lien entre le délit et le trafic d’armes à feu qui nourrit le terrorisme aux niveaux national et international». «Une réduction de la disponibilité d’armes à feu facilitera l’établissement de la paix et de la sécurité», a argumenté le nonce. «Elle contribuera également à orienter l’argent dépensé dans le trafic d’armes dans des programmes de développement».

Le troisième point est celui de la corruption, qui attaque les valeurs de base de la société, la règle de droit et la justice, a estimé Mgr Pennachio. «Dans le monde du commerce, la corruption altère la concurrence et le marché, tout en augmentant la souffrance du pauvre. Où elle est autorisée à fleurir, la corruption pose une réelle menace à la stabilité et à la sécurité des structures domestiques et, finalement, appauvrit beaucoup de pays», a-t-il poursuivi. Il est donc crucial pour lui «de coopérer avec les segments-clefs du secteur politique et judiciaire, avec la société civile et les médias, dans la lutte contre la corruption». La corruption est aussi «un phénomène international qui reflète souvent un environnement social instable qui empêche le développement durable».

Le quatrième point est celui des délits dans des situations post- conflictuelles. «Ces délits ont une force très destructrice, jusqu’à ce que le système judiciaire soit restauré, que des juges compétents et les officiers de police soient sur place, que les courts de justice et les systèmes carcéraux soient pleinement opérationnels et que l’on réponde aux besoins de base de la population», a-t-il argumenté. La confiance publique dans les institutions, dans les partis politiques et même dans les leaders s’érode rapidement. Selon le prélat, le délit florissant cause une destruction d’emploi ainsi que l’affaiblissement des systèmes de sécurité sociale déjà vacillant comme des systèmes de santé et éducatifs».

Le dernier point est relatif à la mise en place effective des lois établies au sein de l’ONU concernant le traitement juste des prisonniers et des mineurs, a affirmé l’Italien. «Dans cet esprit, une considération véritable doit être donnée aux propositions qui ont été avancées dans certaines instances sur l’élaboration d’une Charte des droits fondamentaux des prisonniers». «Dans ce document, une attention particulière doit être consacrée au traitement des prisonniers, pleinement respectés dans leur dignité humaine et à leur réinsertion véritable dans la société», a conclu le nonce. (apic/imedia/ar/pr)

28 avril 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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