Les enfants de moins de cinq ans sont les premières victimes

Timor Occidental: Cinq morts par jour dans les camps de réfugiés

Kupang, 12 février 2001 (APIC) Parmi les 130’000 réfugiés des camps au Timor Occidental, cinq personnes mourraient chaque jour à cause des mauvaises conditions sanitaires et du manque de nourriture. Timor Occidental: Cinq morts par jour dans les camps de réfugiés, explique un assistant médical volontaire indonésien, interrogé au début février par l’agence Fides. Les programmes de rapatriement et de réconciliation entre les communautés chrétienne et musulmane sont entravées par les milices paramilitaires.

Winston Neil, assistant médical indonésien volontaire travaille à Timor Occidentale pour l’»Information Centre for the Internal Deplaced People», affilié au Mouvement des Etudiants chrétiens d’Indonésie. «Les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés. Ils meurent de dysenterie, de malaria, de malnutrition et de sous-alimentation», explique le médecin. Les conditions sanitaires et d’hygiène déplorables qui règnent dans les camps sont la principale cause des décès. Les équipements actuels sont insuffisants pour le nombre de réfugiés ; l’eau courante manque et les latrines sont en mauvais état.

Les réfugiés font l’objet de brimades de la part des miliciens pro indonésiens. Plus d’un an après l’indépendance de Timor Orientale, proclamée en septembre 1999, les intérêts des paramilitaires bloquent toujours la question des réfugiés. D’après Winston Neil, les miliciens empêcheraient la réalisation des programmes de rapatriement au Timor Occidental, d’implantation au Timor occidental et d’enregistrement des réfugiés. Les réfugiés désirent d’abord rentrer chez elle et reprendre la vie normale. Nombre d’en eux sont des agriculteurs et ils pensent à leurs terres à Timor Orientale.

Terreur et intimidation des paramilitaires

On répand la terreur et on pratique l’intimidation chez les réfugiés qui veulent s’inscrire aux programme d’aide», déplore le médecin. La coexistence se dégrade, à cause des vols et de la prostitution. Une équipe médicale de l’hôpital protestant de Bethseda à Jogjakarta est confronté à la diffusion épidémique des maladies sexuellement transmissibles chez les réfugiés. «En outre, les aides humanitaires ont créé une forme de dépendance chez les réfugiés: beaucoup sont convaincus qu’ils ne peuvent plus se passer d’assistance», constate l’infirmier indonésien.

D’après Winston Neil, les milices orchestrent une campagne de dénigrement contre les Nations-Unies et contre le «National Council of East Timor» (CNRT). Les moyens d’information locaux appuient cette désinformation: Tous ceux qui veulent retourner au Timor Oriental, rapporte Winston Neil, sont appelés «traîtres à l’Etat», et il apparaît légitime de les supprimer dans l’opinion publique. Certains cherchent à se faire rapatrier clandestinement. Ces derniers mois, l’armée indonésienne a permis le retour de 1’500 personnes au Timor Oriental, dont une majorité d’anciens militaires.

L’enregistrement des réfugiés rappelle les procédures de recensement utilisées pur le vote sur l’indépendance, et qui les avaient profondément marqué et traumatisé les réfugiés de Timor Est. Quant au plan d’implantation, il a été refusé par les habitants du Timor Occidental, qui pensent que les réfugiés retourneront un jour ou l’autre chez eux, et qui ne veulent pas partager avec eux les maigres réserves d’eau.

La réconciliation passe par la justice

L’opération la plus lente est celle de la réconciliation entre les communautés chrétienne et musulmane: les réfugiés veulent oublier le passé et obtenir une amnistie. Au Timor Oriental, les gens demandent justice et que les responsables des violences commises soient jugés, pour renforcer l’état de droit. Jusqu’à présent, une centaine de personnes auraient été jugées. Après l’attaque à Atambua l’an dernier, contre des fonctionnaires du Haut-Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (ACNUR), l’ONU n’a pas repris son travail. Le général Susilo Bambang Yudoyono, ministre indonésien des Affaires Politiques et Sociales, a chargé les groupes «STGAS MPM» de s’en occuper.

Quant au nombre des réfugiés, on l’estime à quelque 130’000: iIs sont répartis entre Belu, ville de frontière entre le Timor Occidental et le Timor Oriental; dans le district d’Atambua, Kupang, la capitale du Timor Occidental, et les districts voisins. Deux autres camps de regroupement se situent à Sulame et Poto ; dans le district méridional de Timor Occidentale, dans les localités de Sope, Kobelete et Pemancar ; et enfin dans les localités de Ambeno et de Winnie, plus au centre de l’île. Les Organisations Non Gouvernementales et les Eglises sont les Institutions les plus actives dans l’assistance aux réfugiés. (apic/fs/mjp)

12 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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