L’évêque d’Atambua le craint
Timor Ouest: L’Eglise sera-t-elle la prochaine cible ?
Atambua, 11 septembre 2000 (APIC) L’Eglise pourrait être la prochaine cible des milices pro-indonésiennes au Timor, craint l’évêque d’Atembua.
«Nous sommes dans un climat d’illégalité totale. Les gens ont peur de demander l’aide des organisations humanitaires et la situation à Atambua risque de dégénérer rapidement. Après l’ONU, la prochaine cible sera l’Eglise, c’est ce qu’a déclaré à l’agence Fides (Rome) Mgr Anton Pain Ratu, évêque d’Atambua, au lendemain de l’assassinat de trois membres du Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (ACNUR) et d’un Indonésien dans sa ville, située à la frontière entre l’est et l’ouest de l’île de Timor.
«Le retrait des organisations humanitaires aggravera encore davantage la situation des réfugiés désespérés du Timor Oriental. Le personnel de l’ONU a été transféré à Bali et le service aux réfugiés s’en trouve fortement affecté», souligne l’évêque après l’évacuation du personnel de l’ONU. Il rappelle que «d’autres organisations humanitaires locales et internationales ont été menacées, y compris des volontaires du «Jesuit Refugee Service», qui travaillent au Timor Occidental».
Mgr Pain Ratu, qui a rencontré le 5 septembre le gouverneur du Timor Occidental, le chef de la police provinciale et le général Kiki Syahnakri, commandant local de l’armée, pour discuter de la sécurité dans la zone, est découragé. Il a assisté à des émeutes dans le voisinage de sa résidence dans la nuit du 6 au 7 septembre, et il dénonce l’immobilisme des forces de sécurité. «Lorsque les pillages ont commencé, les officiers de police et les hauts fonctionnaires de l’armée n’ont pas bougé. A ce stade, on ne sait plus à qui il faut s’adresser pour garantir la sécurité de la région». Le 5 septembre, environ 2’000 miliciens pro-indonésiens se sont déversés dans les rues d’Atambua pour protester contre l’assassinat de leur leader Olivio Moruk, tué le même jour dans des circonstances peu claires.
Avant l’agression du 6 septembre, le personnel de l’ACNUR au Timor Occidental avait déjà subi d’autres attaques, en tout plus de 100 épisodes de violence et d’intimidation. C’est pour cette raison que l’ACNUR avait interrompu momentanément, du 22 au 29 août, les opérations d’assistance.
Selon Human Rights Watch (HRW), la mort des opérateurs de l’ONU doit être attribuée directement au Gouvernement de Jakarta, incapable de contrôler les paramilitaires. «Le massacre n’aurait pas eu lieu si les autorités indonésiennes avaient démantelé les corps paramilitaires au Timor Occidental et poursuivi les responsables des massacres», affirme Joe Sauders, vice-directeur de HRW pour l’Asie. «Mais les autorités civiles et militaires de la région encouragent les milices afin d’intimider les réfugiés du Timor Oriental sous leur contrôle», ajoute-t-il. (apic/cip/pr)



