L’impunité reste totale, dénoncent huit organisations

Togo : Il y a un an, se déroulaient des élections entachées d’irrégularités et de violences

Lomé, 26 avril 2006 (Apic) Un an après les violences meurtrières d’avril 2005 lors des présidentielles, l’impunité reste totale au Togo, dénoncent huit organisations de défense des droits humains. Selon elles, aucune solution politique et pacifique durable ne pourra être trouvée sans que des mesures soient adoptées.

« Le 26 avril 2005, Faure Gnassingbé était élu président de la République du Togo, à la suite de l’élection présidentielle entachée d’irrégularités et de violences, ayant causé la mort de centaines de personnes, pour la plupart des civils non armés », rappellent huit organisations dans un communiqué diffusé le 26 avril. Celles-ci dénoncent le régime d’impunité qui dure dans le pays « depuis plus de trente ans ». « Tant qu’il n’aura pas été mis un terme à cette impunité et au non respect de l’état de droit, aucune solution politique et pacifique durable ne pourra être trouvée au Togo », lancent les huit ONG.

Celles-ci dénoncent en particulier « les membres des forces de sécurité et des milices qui se sont rendus responsables de ces actes et notamment d’exécutions extrajudiciaires et d’actes de torture » et qui « n’ont pas été sanctionnés ». Les organisations rappellent que dans un rapport publié en août 2005, une mission des Nations unies a dénoncé « l’existence d’une stratégie de la répression » en soulignant l’implication des forces de sécurité et des milices dans ces exactions. Ce rapport recommandait l’établissement d’un programme de vérité, justice et réconciliation; la réorganisation de l’ensemble du système judiciaire; l’envoi d’une mission de haut niveau (ONU/CEDEAO) pour souligner la centralité de la question des droits de l’homme dans la crise togolaise ; et la réforme en profondeur de l’armée pour en faire une armée républicaine et apolitique.

Pas de justice rendue aux victimes

Or, poursuivent les signataires de l’appel, « la volonté affichée par le gouvernement togolais de mettre en place un programme de réconciliation n’a abouti à aucune mesure concrète visant à rendre justice aux victimes des exactions commises en 2005. Bien au contraire, en mars 2006, le Premier ministre togolais Edem Kodjo annonçait qu’il avait ’instruit fermement’ les autorités policières et judiciaires ’d’abandonner instamment toutes poursuites diligentées ou à diligenter à l’encontre de toutes personnes présumées auteurs d’infractions ou de délits étroitement liés à l’élection’ à l’exception des personnes soupçonnées d’avoir commis de ’crimes de sang’ ».

« La communauté internationale se doit de poursuivre ses efforts afin que le gouvernement togolais respecte ses engagements et assure une réparation pour les victimes d’exactions et la mise en place d’un réel état de droit », concluent les huit ONG.

L’appel a été signé par les organisations suivantes : Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Amnesty International, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme (AEDH), Franciscans International, Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT), Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et Survie. (apic/com/bb)

26 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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