Toronto: Eglises et organisations laïques veulent collaborer en matière de sida
Objectif commun, celui de l’»accès universel» aux traitements
Toronto, 22 août 2006 (Apic) Les agences de développement international disposent de ressources pour lutter contre le sida, tandis que les organisations d’inspiration religieuse possèdent le plus grand réseau de distribution du monde. Les militants qui luttent contre la pandémie se demandent bien pourquoi les deux ne collaborent pas davantage ensemble.
«Les agences de développement international reconnaissent de plus en plus souvent l’importance du rôle que peuvent jouer les organisations d’inspiration religieuse pour répondre au VIH et au sida», affirme un rapport publié à l’issue du Congrès international sur le sida à Toronto.
Cette constatation émane de Tearfund, une agence chrétienne d’aide et de développement, fondée par des évangéliques en Grande-Bretagne et en Irlande. Cependant, dans le rapport intitulé «Travailler ensemble», l’agence a également évoqué des «défis manifestes auxquels il fallait s’attaquer».
L’évêque luthérien retraité Gunnar Stalsett a souligné lors d’une réunion interreligieuse tenue pendant le Congrès de Toronto (qui s’est achevé en fin de semaine) que l’action des organisations d’inspiration religieuse étaient désormais largement reconnues. Ces dernières offrent en effet la majorité des services permettant aux communautés de faire face aux défis du VIH et du sida.
Sexualité et drogues en question
L’ancien évêque d’Oslo a cependant averti que les responsables religieux devaient être honnêtes face aux forces motrices de la pandémie: «Nous devons dire qu’il est question de sexualité et de drogues.
Les personnes qui représentent les organisations d’inspiration religieuse doivent utiliser ces termes afin de se faire entendre et de rester connectés au vrai problème».
Le Dr Peter Okaalet a affirmé pour sa part aux participants du Congrès que, bien souvent, les agences internationales de développement et les organisations d’inspiration religieuse ne se faisaient pas confiance. Membre de MAP International (une organisation chrétienne américaine d’aide médicale fondée en 1954 sous le nom de Medical Assistance Programs), il a relevé que les agences de développement international ne sont pas convaincues que les Eglises puissent faire la distribution. Parce, a-t-il déclaré, elles ne fournissent ni les conclusions de leurs recherches, ni les rapports sur leurs activités.
En retour, les Eglises se méfient des motivations de certaines grandes agences, comme la Banque mondiale, lorsqu’elles s’adressent à elles parce qu’elles cherchent à atteindre les communautés locales, a déclaré le Dr Okaalet. Répondant au Dr Okaalet, le Dr Christoph Benn, qui travaille à Genève pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a déclaré que son organisation partageait un objectif commun avec les Eglises, celui de l’»accès universel» (à la prévention, au traitement, aux soins, ndr). Il a invité les organisations qui sont en lien avec une Eglise de faire des suggestions pour 2007, lors des prochaines attributions de fonds de son agence.
Qu’en est-il de «l’accès universel» ?
Pourtant, le professeur et chercheur en théologie sud-africain Steve de Gruchy a affirmé que les professionnels de la santé et les responsables religieux devaient trouver une langue commune pour décrire leur «objectif commun». «Certains leaders religieux ignorent ce que signifie ’un accès universel’», a-t-il déclaré. «Et on ne les comprend pas lorsqu’ils affirment qu’ils font ce qu’ils font parce que c’est Jésus qui leur a dit de le faire». (apic/eni/be)



