Tous les regards sur le «vol» du corbeau

Rome: Le procès sans précédent des ’Vatileaks’ s’ouvre le 29 septembre au Vatican

Rome, 27 septembre 2012 (Apic) Le procès pour «vol aggravé» de l’ex-majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele et de son complice Claudio Sciarpelletti, un employé laïc de la Secrétairerie d’Etat, débutera le 29 septembre au Vatican. Le procès des ’Vatileaks’, est inédit en de nombreux points. Il sera le plus médiatisée de l’histoire récente du petit Etat.

Le tribunal du Vatican traite chaque année une trentaine de procédures donnant lieu à un véritable procès, le plus souvent pour des vols commis place Saint-Pierre. Mais cela se fait loin des médias. Le Saint-Siège a choisi cette fois d’ouvrir à la presse le procès du proche collaborateur de Benoît XVI, arrêté le 23 mai dernier.

La petite salle du Tribunal de l’Etat de la Cité du Vatican accueillera une poignée de journalistes.

Nul ne sait combien de temps durera le procès. Après l’exposé du juge, des exceptions pourront éventuellement être présentées, des expertises demandées avant l’ouverture des débats, ce qui allongerait la procédure.

Témoins ou suspects?

Dans la sentence du juge d’instruction publiée le 13 août dernier, des témoins étaient désignés par les lettres «w», «x» et «y». Témoins ou suspects ? C’est l’une des inconnues que ce procès pourrait lever. En outre, si ces personnes étaient appelées à la barre, leur anonymat prendrait fin. Quant à la possibilité de faire témoigner des cardinaux, elle serait formellement possible, explique Giovanni Giacobbe, promoteur de justice de la Cour d’appel de l’Etat de la Cité du Vatican.

«L’aveu n’est pas la reine des preuves», précise le professeur Giacobbe. Ainsi, même si Paolo Gabriele a reconnu être le responsable des faits qui lui sont reprochés, le procès se déroulera normalement, afin d’établir si sa version concorde avec les résultats de l’enquête. Sa collaboration pourrait toutefois influer positivement sur son cas lors de la décision du juge. L’accusé ou le juge d’instruction auront alors entre 15 et 30 jours pour présenter un appel.

Jusqu’à quatre ans de prison

S’il est reconnu coupable de vol aggravé, l’ancien majordome de Benoît XVI encourt une peine minimale pouvant aller de quelques mois jusqu’à trois ans de prison et une peine maximale de quatre ans. Des durées plus élevées avaient été évoquées précédemment. Car d’autres chefs d’accusation, ensuite abandonnés, pesaient sur Paolo Gabriele. Son complice, Claudio Sciarpelletti, risque quant à lui jusqu’à un an de prison. Les condamnés devront alors purger leur peine en Italie, conformément à un accord bilatéral, puisque le Vatican ne dispose pas d’un système carcéral.

Disposant des pouvoirs d’un chef d’Etat, le pape peut décider à tout moment de gracier les accusés. Benoît XVI aurait même pu l’accorder avant la tenue du procès. Mais, s’il souhaite accorder sa grâce, le pape attendra désormais certainement une éventuelle condamnation, explique encore Giovanni Giacobbe,.

Selon le réquisitoire publié le 13 août dernier, l’instruction reste «ouverte» et peut ainsi concerner d’autres personnes que les deux suspects actuellement inquiétés.

De son côté, l’Italien Gianluigi Nuzzi, le journaliste auteur de l’ouvrage «Sa Sainteté – Les documents secrets de Benoît XVI», rédigé grâce aux lettres volées par Paolo Gabriele, ne peut pas être inquiété, ayant agi à l’extérieur des murs du petit Etat. (apic/imedia/mm/rz)

27 septembre 2012 | 18:22
par webmaster@kath.ch
Partagez!