«Travailler dans des conditions respectueuses de l’homme»

Paris: Le cardinal Vingt-Trois en désaccord avec le projet de loi bioéthique

Paris, 1er décembre 2010 (Apic) Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France et archevêque de Paris, a exprimé son désaccord sur le projet de révision de la loi sur la bioéthique, alors que commencent les travaux de la commission bioéthique à l’Assemblée nationale. Mgr Vingt-Trois s’est confié dans une interview à «La Vie», hebdomadaire chrétien d’actualité.

«Si l’impératif catégorique est de nous soigner à tout prix, jusqu’à quel prix est-on prêt à aller?», s’interroge le cardinal André Vingt-Trois. C’est une question à laquelle les députés devront réfléchir, à partir du 1er décembre, avant la révision des lois de bioéthique prévue fin janvier 2011.

Les désaccords

Le cardinal dénonce avant tout «une certaine incohérence». D’une part, «le gouvernement manifeste la conscience claire qu’avec la recherche sur l’embryon le respect de la dignité humaine est en jeu». Et en même temps, «il semble mettre en place un système dans lequel la destruction d’embryons n’est plus une exception». L’archevêque craint qu’on s’engage sur une pente glissante: «l’objectif thérapeutique sombre au profit d’un objectif de recherche «médicale» dont on ne sait pas très bien ce qu’il recouvre». Alors, le régime d’exception mis en place en 2004, risquerait d’être adopté définitivement.

Crainte d’un changement de finalité

Recherche sur l’embryon, levée de l’anonymat du don de spermatozoïdes et d’ovocytes, mères porteuses… Septante députés vont auditionner des médecins et des représentants des usagers avant de décider ou non de modifier le projet de loi présenté par le gouvernement. Mgr Vingt-Trois redoute que «le cadre de référence reste peut-être le respect de la dignité humaine, mais devienne une coquille vide, et que la recherche scientifique et ses impératifs passent avant tout». Une autre de ses craintes est que «l’on privilégie une option unique de recherche qui ignore les autres voies et se laisse enfermer dans une logique industrielle».

Le président de la Conférence épiscopale française rappelle qu’un indice de la qualité d’une civilisation dépend «de la façon dont la société traite ses éléments les plus faibles et les plus dépendants, de la manière dont elle gère la fragilité des êtres». Il affirme ne pas se reconnaître «le droit de dire que la vie de telle personne vaut mieux que celle de telle autre». Il n’hésite pas à interpeler: «quand on prend des dispositions contraires à la dignité humaine, on entre dans un processus régressif du point de vue de la civilisation, quels que soient par ailleurs les «progrès scientifiques» que ces dispositions peuvent permettre».

Mgr Vingt-Trois définit l’esprit dans lequel l’épiscopat de France se situe: «la discussion, l’échange et la confrontation des analyses. Notre démarche s’enracine dans une conviction: ce que nous avons appris de la réalité humaine à travers la révélation chrétienne a un sens pour un esprit de bonne volonté». (apic/la vie/cl/ggc)

1 décembre 2010 | 17:14
par webmaster@kath.ch
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