La ville de Lahore a été la cible d'un attentat antichrétien, le 15 mars 2015 (Photo:Attaleiv/Wikimedia Commons/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/legalcode" target="_blank">CC BY-SA 3.0</a>)
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La ville de Lahore a été la cible d'un attentat antichrétien, le 15 mars 2015 (Photo:Attaleiv/Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

Un tribunal pakistanais condamne 42 chrétiens pour terrorisme

22.02.2017 par Maurice Page

Un tribunal anti-terrorisme de Lahore a condamné, le 20 février 2017, 42 chrétiens pour terrorisme. Ils étaient accusés du lynchage de deux musulmans intervenu suite aux attentats contre deux églises – une catholique et l’autre protestante – du quartier de Youhanabad, à Lahore, le 15 mars 2015.

Après les attentats à la bombe contre deux églises, la protestation des fidèles chrétiens avait explosé, se soldant par le meurtre de deux musulmans soupçonnés d’être responsables des attaques. Au cours des jours suivants, la police avait arrêté environ 500 personnes puis accusé 84 d’entre elles de meurtre et de terrorisme. 42 ont été innocentées à l’été 2016. Parmi les 42 condamnés de ce jour, se trouvent trois activistes des droits humains, étiquetés comme ‘instigateurs de la violence’.

Dans un communiqué relayé par l’agence missionnaire vaticane Fides, la Commission nationale Justice et Paix du Pakistan exprime sa déception. Selon elle, les forces de l’ordre et les autorités se sont concentrées seulement sur le déplorable incident du lynchage alors que les auteurs de l’attentat criminel contre les églises et les fidèles en prière sont encore impunis.

Selon l’ONG Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement (CLAAS), au moins 32 inculpés ont été accusés injustement et les pressions d’extrémistes islamiques peuvent avoir conditionné la décision du tribunal.

La loi devrait mieux protéger les minorités

L’Assemblée nationale du Pakistan a approuvé récemment le Criminal Laws (Amendment) Act 2016, texte de loi qui punit le sectarisme, les conversions forcées et le lynchage de masse. Le texte, qui doit encore être promulgué par le président pour entrer en vigueur, a été accueilli comme un progrès pour les minorités religieuses. Les nouvelles dispositions qui amendent des lois existantes, prévoient des peines de réclusion d’un à trois ans pour incitation à la haine religieuse et à la violence. Dans les cas de mariages forcés de jeunes mineures ou de femmes appartenant aux minorités, les peines pourront aller jusqu’à dix ans. En outre, le texte fait du lynchage de la part de “foules qui prennent la loi dans leurs propres mains” un délit pénal. (cath.ch/fides/mp)


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