Trois jours de séminaires avec les anciens élèves du pape
Rome: Traditionnelle rencontre entre le pape et les élèves du «Ratzinger Schülerkreis»
Rome: 27 août 2010 (Apic) Comme chaque année depuis le début du pontificat de Benoît XVI, une quarantaine des anciens étudiants du pape – le «Ratzinger Schülerkreis» – retrouvent leur professeur dans sa résidence d’été de Castel Gandolfo pour 3 jours de séminaire, du 27 au 29 août 2010. Cette année, le cercle des anciens élèves de Joseph Ratzinger travaille sur l’herméneutique du Concile Vatican II (1962-1965), un thème que le pape avait développé dès le début de son pontificat dans le célèbre discours à la curie romaine du 22 décembre 2005.
Cette rencontre voit notamment la participation exceptionnelle de Mgr Kurt Koch, nouveau président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Dans les locaux de la ›Mariapoli’, tout près du palais pontifical de Castel Gandolfo, les débats sont ouverts par une première intervention de l›ancien évêque de Bâle (Suisse) et se poursuivront le 28 août, jour où Benoît XVI devrait particulièrement intervenir. Si la plupart des participants viennent d’Allemagne ou d’Autriche – c’est le cas par exemple de l’évêque auxiliaire de Hambourg, Mgr Hans-Jochen Jaschke, et de l’archevêque de Vienne, le cardinal Christoph Schönborn – un Irlandais, un Italien, un Hollandais, un Indien et une Coréene sont aussi présents.
Dimanche 29 août, Benoît XVI célébrera une messe avec ses anciens élèves, mais aussi de jeunes théologiens ayant fait leur thèse de doctorat sur des textes de Joseph Ratzinger. Au cours de ce séminaire, le pape recevra également des mains du père Stephan Horn, président de cette association d’anciens élèves, un recueil des interventions prononcées au cours du séminaire de 2008.
Interprétation du Concile
Sans prendre ses distances avec le Concile Vatican II dont il fut l’un des experts, Benoît XVI possède aujourd’hui sa propre clef de lecture de cette assemblée conciliaire. Il y voit la continuité de la tradition ecclésiale plutôt qu’une logique de rupture. Ainsi, en décembre 2005, devant les membres de la curie romaine, Benoît XVI avait évoqué les fruits du Concile Vatican II mais aussi sa réception et ce qu’il restait à faire. Affirmant que «personne ne peut nier que, dans de vastes parties de l’Eglise, la réception du Concile s’est déroulée de manière plutôt difficile», il avait affirmé que sa bonne interprétation résidait dans «sa juste herméneutique».
Le pape théologien avait ainsi expliqué que deux interprétations contraires s’étaient longtemps opposées : d’une part «’l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture’», qui a profité de «la sympathie des médias et d’une partie de la théologie moderne», et d’autre part «’l’herméneutique de la réforme’, du renouvellement dans la continuité». Pour Benoît XVI, la première a «provoqué la confusion» et «risque de finir dans une fracture entre l’Eglise préconciliaire et l’Eglise post-conciliaire», la deuxième «a porté des fruits, silencieusement, mais toujours plus visiblement». Selon lui, la juste interprétation du Concile dépend du développement, «avec une grande ouverture mentale», du dialogue entre raison et foi.
40 ans de rencontres
Les rencontres entre le professeur Ratzinger et ses anciens élèves remontent à 1970, lorsque ce dernier enseignait à Ratisbonne et voulut, selon ses propres termes, organiser «une communauté informelle de jeunes gens» (dans Ma vie, souvenirs (1927-1977), autobiographie du cardinal Ratzinger parue en français aux éditions Fayard en 1998). Le professeur de théologie avait alors proposé «un cours d’été d’une semaine, durant lequel, chaque jour, la vie de communauté, joyeuse et décontractée, fécondait aussi la discussion théologique et la prière commune». Ces rencontres se sont poursuivies lorsqu’il a été nommé archevêque de Munich (1977), puis lorsqu’il a pris la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi (1981).
Lors de la rencontre de 2004, le groupe de travail estival s’était donné rendez-vous un an plus tard pour parler du «concept de Dieu dans l’Islam» autour du cardinal Ratzinger. Elu pape en avril 2005, Joseph Ratzinger avait maintenu cette rencontre, invitant alors ses anciens élèves à le retrouver à Castel Gandolfo au début du mois de septembre 2005. Le pape avait ensuite renouvelé cette invitation en septembre 2006 et 2007 pour évoquer la théorie de l’évolution. En 2008, le cercle des anciens élèves de Joseph Ratzinger avait travaillé sur l’œcuménisme. En 2009, il avait été question de la mission. (apic/imedia/ami/cp/pr)



