Sri Lanka: Fidèles de toutes religions réunis pour protester contre la tuerie de Weliweriya

Trois manifestants tués dans une église

Colombo, 9 août 2013 (Apic) Des centaines de catholiques, de bouddhistes, d’hindous et de musulmans se sont rassemblés le 7 août 2013 à Colombo, la capitale du Sri Lanka, pour protester contre la tuerie commise dans l’église du village de Weliweriya. Dans cette localité de l’ouest du pays, l’armée sri lankaise a ouvert le feu le 1er août dernier dans un lieu de culte catholique où s’étaient réfugiés des manifestants, tuant trois jeunes gens. Les habitants protestaient contre la pollution de leur eau par une usine proche.

Les protestataires, qui s’étaient réunis sous le signe de la non-violence, ont demandé que le gouvernement assume l’entière responsabilité de ces «cruelles tueries». Organisé par l’association «Christian Solidarity Movement» (CSM), le rassemblement avait pour leitmotiv: «Nous condamnons le terrorisme d’Etat qui a blessé et tué des civils non armés».

Tirs dans l’église

Après une semaine de protestations pacifiques des habitants de Weliweriya, l’armée mobilisée sur les lieux a fini par ouvrir le feu sur la foule. Trois manifestants, âgés entre 17 et 29 ans, ont été tués, alors que 45 autres étaient blessés. Selon plusieurs témoins interrogés par l’agence d’information catholique «AsiaNews», les soldats ont commencé à tirer sur les gens, qui se sont dispersés. Ils ont alors poursuivi un groupe de jeunes manifestants qui avaient trouvé refuge dans l’église catholique de Saint-Anthony, et, une fois à l’intérieur, leur ont tiré dessus.

Protestations de l’Eglise catholique

Le 6 août 2013, le cardinal Albert Malcolm Ranjith, président de la Conférence des évêques catholiques du Sri Lanka, a qualifié ces violences d’inacceptables et injustifiables. «Les hommes qui ont pénétré armés dans le lieu saint et y ont usé de violence se sont rendus coupables de sacrilège», a affirmé le prélat. Mgr Ranjith a demandé que le gouvernement punisse les coupables.

Les villageois protestaient contre la pollution, par une usine textile proche, de l’eau potable alimentant le village. Ils demandaient au gouvernement de fermer l’usine et d’analyser la toxicité de l’eau. (apic/ag/rz)

9 août 2013 | 15:57
par webmaster@kath.ch
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