Le président d’une commission ou d’un comité épiscopal est élu pour un mandat de trois ans reconductible une fois. Seront renouvelés à Lourdes les postes de Mgr Jaeger, président de la Commission épiscopale des mouvements apostoliques et des associations de fidèles, de Mgr Marchand, président du Comité permanent pour l’information et la communication (COPIC), de Mgr Coloni, président de la Commission épiscopale éducation, vie et foi des jeunes.
Trois postes à pourvoir à la tête des Commissions épiscopales
Rome: «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale»
Les historiens présentent leur travail: encore du pain sur la planche
Rome, 26 octobre 2000 (APIC) Les membres de la commission chargée d’étudier les onze volumes des «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale» ont expliqué publiquement leurs souhaits concernant la possibilité d’un accès direct aux archives du Vatican sur cette période, lors d’une conférence de presse tenue à Rome le 26 octobre. Le document de la Commission d’études des «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale» a une vingtaine de pages.
Nommés en octobre 1999, les six historiens de cette commission – trois juifs et trois catholiques – avaient présenté la veille au cardinal Edward Idris Cassidy, président de la Commission du Saint-Siège pour les relations avec le judaïsme, la conclusion de leur lecture commune de ces onze volumes, sous la forme d’un «rapport préliminaire» de 47 questions sur «le Vatican et l’Holocauste».
Ils expriment le désir, dans ce rapport, de pouvoir consulter certains documents qui y sont cités ou évoqués sans être publiés. Leur requête a été présentée par les deux coordinateurs du projet de leur commission: le professeur Eugene Fisher, membre du Comité de la Conférence des évêques des Etats-Unis pour les affaires oecuméniques et interreligieuses, et le professeur Seymour D. Reich, président de «l’International Jewish Committee on Interreligious Consultations».
En plus du cardinal Cassidy, les membres de cette commission se sont entretenus le 25 octobre avec Mgr Jorge Maria Mejia, bibliothécaire et archiviste du Saint-Siège. «Je leur ai expliqué que ces archives consistent en des centaines de milliers de documents, et que je n’ai que deux personnes pour les étudier, a expliqué celui-ci à I’agence APIC. Je les ai invité à préciser leurs demandes pour que nous puissions y répondre au mieux».
Archives pas encore accessibles
L’archevêque a rappelé que les archives du Saint-Siège accessibles actuellement s’arrêtent à la fin du pontificat de Benoît XV en 1922, «parce que les suivantes ne sont pas encore classées». «Nous sommes en train de travailler à la classification des archives du pontificat de Pie XI, a-t-il précisé. C’est par là que nous devons commencer, et c’est un énorme travail parce que cela représente un pontificat de 17 ans. Cela pourra donc nécessiter encore quatre années de travail». «Ensuite seulement nous pourrons entreprendre la classification des archives de Pie XII», a ajouté Mgr Mejia, en affirmant toutefois être «prêt à aider» la commission des historiens.
De son côté, la secrétairerie d’Etat s’est montrée plus réservée face aux requêtes des historiens. D’après l’un d’eux, le professeur belge Bernard Suchecky, chercheur au département social de l’Université libre de Bruxelles, elle a jugé en effet «prématurée» une rencontre avec la commission à ce sujet, en considérant que celle-ci n’a réalisé pour l’instant qu’un rapport «préliminaire». «Nous l’avons appelé `préliminaire parce qu’il n’entend formuler aucun jugement sur l’attitude du Saint-Siège ou de Pie XII pendant la guerre», a toutefois précisé Bernard Suchecky. «Il ne vise qu’à demander un supplément de documents, à supposer qu’ils existent, pour nuancer au maximum les conclusions qui peuvent être tirées sur cette période. Je ne crois pas en effet que nous puissions découvrir des révélations bouleversantes ou des secrets compromettants». «Les personnes que nous rencontrons au Vatican sont forcément tendues par rapport à ce type de requête, a ajouté le professeur belge. Mais à force de les rencontrer et de discuter, elles se détendent en comprenant mieux notre motivation».
«Ce n’est pas que nous considérions que le Saint-Siège a voulu cacher des documents, a souligné pour sa part le jésuite Gerald P. Fogarty, professeur d’études religieuses et historiques à l’Université de Virginie, au cours de la même conférence de presse. Selon lui, il est normal qu’une nouvelle génération d’historiens se pose de nouvelles questions sur les documents qu’ils ont consultés à l’époque», a-t-il fait remarquer, après avoir fait allusion aux quatre jésuites auteurs des recherches contenues dans les onze ouvrages.
En demi-teinte
Au cours de la conférence, le professeur Michel R. Marrus, professeur d’études de la Shoah à Toronto, a décrit ce qui a été à son avis «l’aspect le plus significatif» des réunions de la commission depuis près d’un an. D’après lui en effet, elles ont eu comme côté «très positif» de permettre une «découverte mutuelle des membres de la commission, indépendamment des origines juives ou catholiques des uns et des autres», ainsi qu’une «prise de conscience de la complexité de la question de l’attitude du Saint-Siège pendant la seconde guerre mondiale. Difficultés auxquelles il a dû faire face; difficultés du travail des historiens qui se penchent sur cette question».
«Après ces investigations, ma première conclusion est que personne ne peut prétendre commencer une étude sérieuse sur la position du Vatican et de Pie XII pendant la seconde guerre mondiale sans prendre une juste connaissance des onze volumes», a affirmé de son côté Robert Wistrich, professeur d’histoire à l’université de Jérusalem. «J’ai entrepris ce travail d’équipe avec un certain scepticisme, a-t-il confié, mais j’ai découvert peu à peu qu’il était utile. Ces documents peuvent être lus de centaines de manières différentes, et nous n’avions pas tous les mêmes regards sur eux. Je suis étonné moi-même que nous soyions parvenus en dix mois de travail à un tel consensus sur les questions à poser».
«En tant que chercheurs, nous voulons aller plus loin», a enfin expliqué le professeur Michel R. Marrus, professeur d’études de la shoah à Toronto. «Nous voulons nous efforcer de parvenir à des jugements les plus mûrs et les moins passionnés possibles». Pour le professeur Marrus, il faut distinguer entre «information» et «prise de conscience». «A partir de 1942, il y a eu de nombreux rapports de nonces sur les déportations, explique-t-il, et le Vatican disposait donc d’une abondante information. Mais prendre conscience de la réalité est quelque chose de différent, de très difficile, qui prend beaucoup plus de temps. C’est cela que nous voudrions étudier davantage».
En espérant que les contacts avec le Vatican leur permettront d’avoir effectivement accès à d’autres documents, les historiens de la commission entendent poursuivre leur étude. Ils se sont en outre retrouvés dans l’après-midi du 26 octobre pour une réunion de travail, avec comme première tâche celle de préciser quels sont exactement les documents dont ils ont besoin en priorité, en vue de faciliter le travail des archivistes. (apic/imed/pr)



