France: Le gouvernement ne fait pas assez d'efforts contre le djihadisme en prison
Trop peu d’aumôniers musulmans pour les détenus
Paris, 22 juin 2014 (Apic) Le gouvernement français ne fait pas assez d’efforts pour contrer l’endoctrinement djihadiste dans les prisons du pays. C’est le constat tiré par plusieurs observateurs interrogés par le quotidien français «L’Express» du 22 juin 2014. Une augmentation du nombre d’aumôniers musulmans pourrait être une partie de la solution.
«L’Express» illustre le problème par le témoignage de Karim Mokhtari, un ancien détenu de la prison d’Amiens, dans le nord de la France, qui a subi pendant six mois l’endoctrinement d’un «imam» de prison. Le journal note que les détenus, surtout les plus jeunes, sont des proies toutes désignées pour les leaders salafistes autoproclamés qui sévissent dans les établissements pénitentiaires français. Karim Mokhtari admet avoir été subjugué par le «gourou» rencontré en détention, parce qu’il était «perdu, honteux de ses actes, sans espoir ni soutien financier ou affectif». Mais lorsque l’»imam» a proposé au jeune détenu de «défendre l’islam», Karim explique qu’il a eu la force de rompre.
Ne pas finir comme Mehdi Nemmouche
Il est conscient qu’il aurait pu finir comme Mehdi Nemmouche, l’auteur présumé de l’attaque du Musée juif de Bruxelles, en mai dernier, dans laquelle quatre personnes ont été tuées. Le Franco-Algérien avait lui aussi fréquenté des détenus fondamentalistes et participé à des prières interdites en l’absence d’aumônier agréé.
Pour contrer l’influence des «imams de l’ombre», l’administration pénitentiaire française a accru sa surveillance des activités de prédication religieuse en prison. Elle impose notamment aux meneurs des changements d’établissements. L’administration s’appuie dans cette lutte sur l’aumônerie musulmane des prisons. «Mais nos effectifs demeureront insuffisants tant que le statut des aumôniers en prison ne sera pas aligné sur celui des aumôniers des armées et des hôpitaux, qui perçoivent une rémunération décente, avec une couverture sociale», martèle Moulay el-Hassan el-Alaoui Talibi, directeur de l’aumônerie musulmane des prisons. Les gouvernements successifs n’ont pas pris le problème à bras-le-corps, laissant donc toujours le champ libre aux imams autoproclamés, conclut «L’Express». (apic/exp/rz)



