Philippines: Possible implication de l’armée dans le meurtre du Père Tentorio

Tué pour son soutien à la guérilla maoïste?

Manille, 15 novembre 2012 (Apic) L’armée philippine aurait commandité le meurtre, en octobre 2011, du Père missionnaire Fausto Tentorio. C’est ce qu’affirme un témoin anonyme de la tuerie, cité le 9 novembre 2012 par le quotidien philippin «Inquirer».

«Si vous voyez le Père Tentorio, tuez-le». Selon le témoin cité par le journal philippin, ces mots ont été ceux de John Corbala, le commandant de la troupe paramilitaire «Bagani Force» lors de la séance de préparation de l’assassinat du prêtre.

Le témoin est lui-même un ex-membre de cette force qui, selon des organisations de défense des droits humains, est utilisée par l’armée philippine pour combattre les guérilleros maoïstes de la ’New People’s Army’ (NPA) dans l’est de l’île de Mindanao. L’informateur anonyme affirme que les paramilitaires auraient reçu de l’armée quelque 50’000 pesos (environ 1’150 francs suisses) pour mener à bien l’opération. «On nous a dit que Tentorio devait être tué parce qu’il soutenait la NPA», précise le témoin.

Un faux meurtrier?

Le Père Fausto Tentorio, missionnaire de l’Institut pontifical des missions étrangères (PIME), a été tué par balle dans une embuscade le 17 octobre 2011, dans sa paroisse d’Arakan, sur l’île de Mindanao. En décembre 2011, le meurtrier présumé, Jimmy Ato, a pourtant été arrêté. L’homme a avoué avoir tué le prêtre à la demande de propriétaires terriens de la région. Ces derniers auraient étaient gênés par l’opposition du Père Tentorio à un projet hydroélectrique dans la région.

Enquête programmée

Les confessions d’Ato n’ont cependant pas levé toute suspicion contre l’armée. Un collègue de Fausto Tentorio, le Père Geremia, a révélé en février 2012 que des éléments de l’armée étaient présents dans la paroisse d’Arakan le jour du meurtre. Les soldats seraient restés complètement passifs à l’annonce de l’assassinat du prêtre.

L’armée philippine a nié tout implication dans cette affaire. Elle a aussi démenti soutenir la «Bagani Force». Le sous-secrétaire du Département philippin de la justice, Francisco Baraan, a annoncé que le témoin était placé sous protection et qu’une enquête serait ouverte sur ses allégations. (apic/inq/rz)

15 novembre 2012 | 10:58
par webmaster@kath.ch
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