Arrêté et bouté hors du pays le 21 mai
Tunis: Amnesty s’insurge contre l’expulsion de Tunisie d’un de ses membres
Tunis/Lausanne, 22 mai 2006 (Apic) Dans un communiqué de presse paru le 22 mai, Amnesty International «condamne fermement l’arrestation et l’expulsion d’un membre du Comité exécutif de sa section suisse, Yves Steiner, survenue dimanche 21 mai 2006 à Tunis»
Yves Steiner de la section Suisse d’Amnesty International participait en qualité d’invité à l’Assemblée générale de la Section tunisienne d’Amnesty International. L’assemblée se déroulait à Sidi Bou Saïd, localité située dans la banlieue nord de la capitale, Tunis. Il avait prononcé un discours le samedi 20 mai devant les membres de la Section tunisienne dans lequel il avait dénoncé la multiplication des atteintes aux droits humains survenues ces derniers mois en Tunisie.
Dimanche 21 mai 2006, vers 14h30, trois policiers en civil ont une première fois tenté d’interpeller Yves Steiner à l’hôtel Amilcar, où avait lieu l’Assemblée générale. Des personnes se sont alors interposées et le Suisse a pu se réfugier à l’étage et donner l’alerte. Toutefois, plusieurs dizaines de policiers ont été appelés en renfort et ont emmené par la force Yves Steiner vers 16h30 sans donner de motif.
L’ambassadeur suisse, qui avait eu un contact téléphonique avec lui, a tenté de se rendre sur place mais les grilles de l’hôtel étaient fermées et il n’a pas pu entrer dans le complexe hôtelier avant le départ de la voiture avec quatre policiers qui transférait Yves Steiner à l’aéroport. Lors de son arrestation et de son transfert à l’aéroport, le délégué d’Amnesty a été malmené par les forces de l’ordre. Vers 20 heures, il a été expulsé vers Paris, sans pouvoir retourner à l’hôtel prendre ses effets personnels.
Cette expulsion s’inscrit dans la longue liste des répressions dont sont victimes les défenseurs des droits humains en Tunisie de la part des autorités tunisiennes. Amnesty International est restée sans nouvelles de son délégué suisse jusqu’à son arrivée à Paris à 22h30. A la nouvelle de son arrestation, l’ONG s’est enquise sans succès auprès des autorités tunisiennes des motifs de l’arrestation d’Yves Steiner. L’organisation rejette les allégations des autorités selon lesquelles il se serait comporté «en violation des lois du pays et de manière à porter atteinte à l’ordre public»
Amnesty International exhorte les autorités tunisiennes à respecter les libertés d’expression et d’association et a permettre aux organisations nationales et internationales de défense des droits humains, y compris la section d’Amnesty International en Tunisie, d’exercer leurs activités sans crainte d’intimidation ou de harcèlement.
Yves Steiner s’était auparavant rendu à plusieurs reprises en Tunisie, notamment pour le Sommet mondial sur la société de l’information des Nations Unis, au nom de la plate-forme des ONG suisses comunica-ch. Il y avait dénoncé les atteintes aux droits humains qui avaient eu lieu durant le sommet, précise Amnesty. (apic/com/vb)




