Le président de la Confédération plaide pour la liberté d’expression

Tunis: Ouverture du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI)

Tunis, 16 novembre 2005 (Apic) Le Sommet mondial de l’ONU sur la société de l’information (SMSI), consacré notamment à la réduction de la fracture numérique Nord-Sud et à la gestion d’internet, s’est ouvert mercredi 16 novembre à Tunis en présence du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. A cette occasion, le président de la Confédération suisse Samuel Schmid a plaidé pour la liberté d’expression.

Entouré de Kofi Annan et Yoshi Utsumi, secrétaires généraux de l’ONU et de l’Union internationale des télécommunications (UIT) – l’instance chargée du SMSI – le président tunisien a ouvert la cérémonie en présence de nombre représentants de la société civile et du secteur privé. Les dirigeants de 170 pays, notamment une vingtaine de chefs d’Etats venus essentiellement d’Afrique et du Proche-Orient, participent au SMSI.

La Suisse a été le pays hôte de la première phase du Sommet de l’ONU sur la société de l’information, qui s’est déroulée à Genève en 2003. Dans son intervention, Samuel Schmid a insisté sur la liberté d’expression et affirmé que personne ne devait être exclu de la société de l’information. Pour le président de la Confédération, le libre accès à toutes les sources d’information fait partie des droits humains garantis par les Nations Unies.

La Suisse, a-t-il laissé entendre, estime que la société de l’information doit contribuer à la coopération en matière de développement, à la promotion de l’économie et du commerce, au travail humanitaire, à la compréhension entre les peuples, à l’intérieur des Etats comme entre ces derniers, ainsi qu’au renforcement de la démocratie, des droits humains et de la diversité culturelle. Le SMSI revêt également une importance particulière du

point de vue de la réalisation des objectifs du millénaire de l’ONU, a-t-il estimé.

Répression dénoncée

Il faut, au-delà des questions d’ordre uniquement technologique, tenir également compte de celles des contenus et de l’accès à ceux-ci. La Suisse estime qu’au sein d’une société du savoir, le rôle que jouent des médias indépendants, mais aussi les droits humains, particulièrement les libertés d’information et d’expression, est essentiel. Pour Samuel Schmid, la liberté d’expression est la «condition sine qua non» de la réussite du sommet de l’ONU.

Sans faire directement allusion au pays hôte – en Tunisie des journalistes font la grève de la faim ou sont emprisonnés pour délits d’opinion – il a estimé inacceptable que «parmi les individus encore interdits d’accès aux moyens d’information, nombreux le sont pour des raisons politiques. Il n’est pas acceptable – et je le dis sans détours – que l’ONU compte encore parmi ses membres des Etats qui emprisonnent des citoyens au seul motif qu’ils ont critiqué leurs autorités sur internet ou dans la presse», a affirmé Samuel Schmid à l’ouverture des travaux. Il a souhaité que a liberté d’expression et la liberté de l’information constituent des thèmes centraux au cours de ce sommet.

Ces jours derniers à Tunis, des journalistes ont été victimes d’agressions. Du côté des ONG, on relève qu’alors que s’ouvre le SMSI, les autorités tunisiennes empêchent la tenue du «Sommet Citoyen sur la Société de l’Information» (SCSI), une réunion parallèle non officielle.

Le «Sommet Citoyen» attaqué

La politique d’intimidation des autorités tunisiennes s’accentue autant à l’égard des associations tunisiennes indépendantes que des observateurs étrangers, dont des membres de la délégation de comunica-ch, une plateforme d’ONG suisses.

La répression vise des organisations tunisiennes comme l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), qui a vu la police tunisienne empêcher l’accès à des observateurs étrangers, diplomates inclus, ou le Conseil national pour les libertés (CNLT), dont un représentant a été arrêté par la police, avant d’être relâché.

Une réunion de préparation du «Sommet Citoyen» a également été empêchée par les forces de l’ordre. «En signe de protestation et de solidarité contre la politique de répression qui a court à l’extérieur du SMSI, la société civile internationale a décidé d’annuler plusieurs événements officiels tenus dans le cadre du SMSI», annonce comunica-ch.

Alors que la conférence préparatoire finale se déroule à l’intérieur du Kram, un centre des congrès hautement sécurisé, des défenseurs des droits humains et des journalistes ont été harcelés et physiquement blessés lundi dans les rues de Tunis, annonce la société civile. Plusieurs sites internet, dont celui d’un événement parallèle au SMSI, le «Sommet Citoyen sur la Société de l’Information»- organisé par une coalition de 19 organisations, composée d’ONG tunisiennes et internationales – sont bloqués et inaccessibles depuis la Tunisie. Enfin, des organisations de la société civile ont été empêchées de tenir différentes réunions de travail dans le centre de Tunis. (apic/com/be)

16 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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