du village assyrien catholique de Kösrali/Hassana
Turquie: L’armée expulse manu militari les habitants (231193)
Zurich/Berne, 23novembre(APIC) L’armée turque a expulsé de leurs maisons,
samedi et dimanche, les 210 habitants du village assyrien catholique de
Hassana (Kösrali en turc), au Sud-Est de la Turquie, affirme l’organisation
de défense des droits de l’homme «Christian Solidarity International» (CSI)
à Zurich, dans un communiqué publié mardi.
L’ambassade turque à Berne se refuse à commenter cette évacuation qui se
déroule dans le cadre des opérations militaires contre la guérilla kurde du
PKK. «Nous n’avons aucune information que la population a abandonné le village», s’est contenté d’affirmer une porte-parole de l’ambassade à l’agence
APIC.
Le maire d’Hossana a été arrêté le 5 novembre par l’armée turque, annonce CSI. L’organisation chrétienne ajoute que l’armée l’a averti que le village serait bombardé s’il n’était pas évacué à la date limite du 20 novembre. CSI estime que les derniers événements survenus à Kösrali/Hassana est
clairement l’illustration de la statégie de l’armée turque de détruire tous
les villages de la zone pour ériger une zomne-tampon tout au long de sa
frontière avec l’Iran et l’Irak, dans le but de couper les bases arrière du
PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan.
Mis en liberté le 7 novembre dernier, M. Sabri, maire de Hassana, avait
lancé un appel urgent à la communauté internationale pour éviter la destruction de son village. Les 210 habitants de Kösrali/Hassana, tous chrétiens, avait-il rappelé, ne peuvent pas abandonner leurs maisons, parce que
l’hiver est là et parce que ses administrés ne savent pas où aller.
CSI fait remarquer qu’aujourd’hui une épaisse couche de neige couvre
tout l’Est de l’Anatolie. Les nouveaux réfugiés d’Hassana ont été provisoirement accueillis dans différents villages environnants, où ils sont arrivés sans moyens de subsistance.
Autrefois, il y avait 350 familles qui vivaient à Hassana. Elles ne sont
plus que 35 actuellement. La plupart des chrétiens de la région ont quitté
la Turquie pour ne pas se trouver pris entre l’armée turc et le PKK. Toujours d’après CSI, environ 900 villages auraient déjà été détruits par
l’armée turque. S’il y a 30 ans, quelque 40’000 chrétiens vivaient encore
dans la contrée de Tur Abdin, ils ne sont plus aujourd’hui que 2’000. Bien
que les chrétiens n’aient rien à voir avec le conflit sanglant qui oppose
Turcs et Kurdes, ils en sont souvent les premières victimes. (apic/com/ba)




