Arrêté et interrogé pour avoir distribué l’Evangile

Turquie: Un chrétien passe en procès pour offenses contre l’islam

Ankara, 6 février 2001 (APIC) Kemal Timur, turc de 32 ans de religion protestante,sera jugé sous l’accusation d’outrages contre l’islam et contre Mahomet. Au début de 2000, il avait été arrêté alors qu’il distribuait des exemplaires de l’Evangile à Diyarbakir, dans le sud-est du pays. Interrogé à huit reprises par la police, puis relâché, il sera jugé sur dénonciation de trois témoins douteux.

Kemal Timur est en jugement au Tribunal Pénal de Diyarbakir, pour avoir violé la loi n.64/1 du Code pénal turc, qui punit ceux qui profanent des textes et les valeurs de l’islam, ainsi que ses prophètes. La dénonciation est contenue dans un rapport envoyé à Fides par le Middle East Concern, Organisation qui défend les droits de l’homme au Moyen-Orient.

La première audience du procès, fixée au 27 janvier, a été renvoyée au 27 mars, parce que le témoin de l’accusation ne s’était pas présenté au tribunal. M. Timur a présenté sa défense aux juges, en déclarant qu’il n’avait pas insulté l’islam, mais qu’il s’était contenté de distribuer des textes du Nouveau Testament.

La police l’a arrêté et interrogé à huit reprises pour avoir distribué des exemplaires de l’Evangile, sans rien lui trouver d’illégal. Le 2 mai 2000, les forces de l’ordre l’ont arrêté, en présentant un faux témoin qui accusait Kemal Timur d’avoir outragé l’islam et Mahomet. Ce n’est qu’au mois de décembre 2000 que ce dernier a été mis au courant du fait qu’une enquête avait ouverte à son sujet cinq mois auparavant. Il a alors découvert que les témoins à charge étaient au nombre de trois, dont deux sont tout à fait des inconnus pour lui.

Violations de la liberté religieuse

Ce n’est pas le premier de violation de la liberté religieuse en Turquie. Aux mois de mars et de mai de 2000, Ercan Sengül et Necati Aydin, des chrétiens turcs de la ville d’Izmir, ont connu les mêmes accusations, mais ils ont été reconnus innocents. La Cour a pu vérifier que les témoins de l’accusation avaient été endoctrinés par les forces de l’ordre. Après l’acquittement, tous deux ont dénoncé les autorités locales de la police pour abus de pouvoir.

Sur 64 millions d’habitants, les chrétiens représentent 0,2% de la population de Turquie. La Constitution déclare la séparation entre l’Etat et la religion, et garantit la liberté de foi et de culte. Mais l’islam, professé par 99% de la population, est en pratique religion d’Etat. Le prosélytisme n’est pas illégal. Mais, d’après Freedom House, une association américaine qui défend la liberté religieuse, des chrétiens qui ont affirmé publiquement leur foi, ont été arrêtés par la police, sous l’accusation de troubler l’ordre public. (apic/fides/bb)

6 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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