Le feu vert des autorités semble proche: satisfaction au Patriarcat

Turquie: Vers la réouverture du seul séminaire orthodoxe en Turquie

Istanbul, 20 novembre 2003 (Apic) Le seul séminaire orthodoxe de Turquie pourra sans doute ouvrir à nouveau, après plus de trente ans de fermeture forcée. Le Patriarcat oecuménique de Constantinople espère que le gouvernement turc autorisera la réouverture. Le feu vert semble proche.

«Même si rien n’est encore certain, nous pensons que nous obtiendrons l’autorisation de recommencer notre travail (au séminaire) durant l’année 2004», a déclaré Dositeos Anagnostopoulos, porte-parole du Patriarcat, basé à Istanbul.

Le prêtre orthodoxe réagissait après une déclaration du ministre de l’Education Huseyin Celik à la fin octobre se référant à la réouverture du Collège de théologie de Halki comme étant «une exigence du système démocratique de Turquie».

Les représentants du Patriarcat attendaient encore la décision officielle d’Ankara, mais espéraient que les cours pourront recommencer après les travaux de rénovation et à temps pour l’année académique 2004-05, a commenté Dositeos Anagnostopoulos, dans un entretien accordé à l’Agence oecuménique ENI.

«Tous ceux qui lisent la presse quotidienne peuvent voir que la période actuelle est devenue la plus libérale que la République turque ait connue depuis 1970. La réouverture du collège signifiera un changement de la position du gouvernement».

La présence de l’Eglise orthodoxe dans la ville d’Istanbul remonte au temps où Byzance, connue comme Constantinople, était un centre très influent de la culture chrétienne. Le patriarche oecuménique, Bartholomée Ier, est reconnu comme primus inter pares (premier parmi ses pairs) dans la hiérarchie de l’Eglise orthodoxe.

La réouverture du séminaire a été demandée à maintes reprises par le Patriarcat oecuménique. Le séminaire, fondé en 1844 sur l’île de Halki a été fermé après la décision de la Cour constitutionnelle qui a statué que l’enseignement supérieur religieux pouvait être dispensé seulement par les collèges d’Etat de Turquie. Sa fermeture a provoqué la colère des chrétiens orthodoxes.

Plus de 98% des 67 millions d’habitants de la Turquie sont musulmans, même si l’islam n’est pas la religion officielle de l’Etat, puisque la Turquie est un Etat laïc.

«Une exigence du système démocratique»

Le ministre de l’Education a déclaré à l’agence de presse Anatolia que «cela n’avait aucun sens d’élever des objections» à la réouverture du séminaire, dont le programme pouvait être approuvé par une commission composée de représentants de l’Eglise et du gouvernement.

«L’éducation libre sur le christianisme et la théologie chrétienne est une exigence du système démocratique», a dit le ministre, après des entretiens avec le patriarche Bartholomée ler, lui-même diplômé du collège de Halki. «Je ne vois aucune raison pour s’opposer à un séminaire chrétien, puisque notre pays compte déjà 24 instituts de théologie pour les musulmans».

Des plaintes pour pressions et discrimination contre la minorité chrétienne de Turquie ont souvent été évoquées par les Eglises, entre autres par l’Eglise apostolique arménienne, dont le séminaire de la Sainte- Croix a aussi été fermé en 1971. (apic/eni/pr)

20 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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