Lettre de 150 parlementaires ukrainiens au pape

Ukraine: Des parlementaires réclament un patriarcat pour l’Eglise grecque- catholique

Kiev, 12 mars 2004 (Apic) Plus de 150 parlementaires ukrainiens ont signé une lettre adressée au pape Jean Paul II lui demandant de donner à l’Eglise grecque-catholique d’Ukraine le statut de patriarcat.

La question est un sujet de discorde entre les Eglises catholique romaine et orthodoxes. Ces dernières ayant déclaré que l’établissement d’un patriarcat grec-catholique en Ukraine constituerait un acte hostile sur un territoire traditionnellement orthodoxe.

La question d’un patriarcat a été abordée le 19 février à Moscou durant une rencontre entre le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et le métropolite Kirill, à la tête du département des relations extérieures de l’Eglise orthodoxe russe. Après cet entretien, les deux parties ont décidé de mettre en place un groupe mixte de travail qui débattra de cette question.

Mais l’Eglise grecque-catholique ukrainienne qui pratique le rite oriental tout en restant fidèle à Rome a constaté une certaine insatisfaction parmi ses fidèles à l’issue des entretiens de Moscou.

«Beaucoup de grecs-catholiques sont préoccupés et dans une certaine mesure indignés qu’un sujet concernant le développement interne de notre Eglise ait été débattu, non à Kiev, Lviv ou Rome, mais à Moscou, et, ce qui est encore plus grave, sans notre participation», ont écrit les évêques de l’Eglise dans une déclaration diffusée par le Service d’information religieuse d’Ukraine le 3 mars.

La déclaration est signée par le cardinal Lubomyr Husar, à la tête des 5 millions de membres qui forment cette Eglise, interdite par les autorités soviétiques pendant 44 ans et qui a seulement retrouvé son statut légal en 1990.

Ukraine: territoire orthodoxe.

Dans une interview accordée au journal américain «National Catholic Reporter» en février, Robert Taft, un spécialiste jésuite qui enseigne à l’Institut pontifical oriental à Rome, a déclaré que lorsqu’une Eglise parvient à une certaine position parmi les Eglises orthodoxes, il est considéré comme normal que cette Eglise soit élevée au rang de patriarcat.

Le problème pour les Eglises orthodoxes, a expliqué Robert Taft, est que l’Ukraine est considérée comme un territoire orthodoxe, et que la création d’un patriarcat serait comme si la papauté, à Rome, voyait «quelqu’un arriver et prendre le contrôle de l’Italie».

L’Eglise orthodoxe russe a publié en février des déclarations d’Eglises orthodoxes s’opposant à l’établissement d’un patriarcat. L’une d’entre elles provenait du patriarche oecuménique de Constantinople, qui affirmait qu’un patriarcat grec-catholique en Ukraine serait «un acte tout à fait hostile à l’ensemble de l’orthodoxie». (apic/eni/pr)

14 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!