Si les deux parties le demandent
Ukraine: L’Eglise gréco-catholique est prête à jouer un rôle de médiateur
Kiev, 26 novembre 2004 (Apic) L’Eglise gréco-catholique est prête à jouer un rôle de médiateur en Ukraine, si les deux parties en présence le demandent. C’est ce que déclare le cardinal Lubomir Husar, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens, dans un entretien accordé le 26 novembre au quotidien Avvenire.
«Pour notre part, nous sommes disponibles pour une médiation. Seulement, nous attendons l’invitation de toutes les parties en cause, et non d’une seule. Nous ne voulons pas être manipulés», a insisté le cardinal. La situation en Ukraine est très «complexe et peut changer d’un moment à l’autre», a-t-il poursuivi. «Au nom de l’Eglise gréco-catholique, je peux dire que nous ferons tout pour aider à résoudre les problèmes qui ne cessent de s’aggraver», afin que «soit évité un bain de sang».
Pour le cardinal Husar, si la situation est aussi préoccupante en Ukraine, c’est que «les droits du peuples ont été niés». «Je supplie tous les responsables politiques de chercher une solution qui soit en même temps juste et pacifique. Dans le cas contraire, ce serait une nouvelle fois au peuple de payer le prix lourd», a déploré l’archevêque de Lviv, expliquant que pour lui, c’est au président sortant, Leonid Koutchma de «prendre l’initiative de sortir de l’impasse».
«Je ne voudrais pas paraître trop pessimiste, mais j’ai l’impression que de la part de l’autorité gouvernementale il n’y a pas une grande volonté de dialogue», a-t-il poursuivi, témoignant que de nombreux Ukrainiens lui avaient confirmé les malversations électorales.»Ce qui s’est passé lors du ballottage de dimanche n’est pas un spectacle digne d’une nation mûre et démocratique».
L’Ukraine n’est pas seulement un terminal financier
Enfin, pour le cardinal ukrainien, dans la crise que traverse actuellement son pays, «les réactions des gouvernements et des opinions publiques occidentales sont très importantes».«Il est dommage qu’ils se soient souciés de nous un peu tard», a-t-il cependant regretté. «Si l’occident s’était intéressé à l’Ukraine pas seulement en tant que ’terminal’ pour les investissements financiers, mais comme un pays ayant de graves problèmes économiques et sociaux, peut-être qu’aujourd’hui nous n’en serions pas là», a conclu le cardinal Husar.
Plusieurs médiateurs étrangers, dont le haut représentant pour la politique étrangère de l’Union européenne Javier Solana, et le président polonais Aleksander Kwasniewski, invité par le président sortant ukrainien Léonid Koutchma, sont arrivés à Kiev le 26 novembre pour tenter de désamorcer la crise. Le Premier ministre Viktor Ianoukovitch, pro-russe, vainqueur contesté de la présidentielle ukrainienne du 21 novembre, n’a pu rejoindre le siège du gouvernement bloqué par les partisans de Viktor Iouchtchenko, pro-occidental, qui conteste le résultat du scrutin.
Le 25 novembre, la Cour suprême ukrainienne a annoncé qu’elle commencerait à partir du 29 novembre l’examen de la plainte pour fraudes électorales déposée par l’opposition. La Russie, la Biélorussie, la Chine et l’Ouzbekistan sont les seuls pays à avoir, pour le moment, reconnu la victoire de Viktor Ianoukovitch. Selon certains observateurs, des troupes russes seraient actuellement présentes sur le sol ukrainien. (apic/imedia/hy/bb)



