En Ukraine, 5 millions de chrétiens se réclament du catholicisme
Ukraine: Le pape appelle évêques latins et gréco-catholiques à plus de collaboration
Rome, 24 septembre 2007 (Apic) Benoît XVI a appelé les évêques ukrainiens de rite latin et gréco-catholique à intensifier leur collaboration. Le pape les a reçus en audience à Castel Gandolfo au début de leur traditionnelle visite «ad limina» à Saint-Pierre de Rome, le 24 septembre 2007.
Les évêques ukrainiens de rite romain (les catholiques latin sont moins de 1% de la population ukrainienne, souvent d’origine polonaise) et ceux de rite oriental (plus de 10%) ont accepté l’invitation à se rendre ensemble à Rome, s’est félicité le pape. Benoît XVI a souhaité que ceux-ci intensifient leur collaboration «pour le bien du peuple chrétien tout entier». Reconnaissant que leur ministère en Ukraine rencontre de nombreuses difficultés, le souverain pontife les a invités à coordonner leurs plans pastoraux et leurs activités apostoliques afin «de témoigner toujours de la communion ecclésiale, qui est une condition indispensable pour le dialogue oecuménique avec nos frères orthodoxes».
Le pape leur a ainsi fait la proposition de se réunir au moins une fois par an afin de rendre leur action pastorale «plus harmonieuse et efficace». Le pape s’est dit persuadé que la coopération fraternelle entre les pasteurs sera pour tous les fidèles un encouragement et une motivation pour croître dans l’unité, l’enthousiasme apostolique et favoriser aussi un dialogue oecuménique profitable.
En Ukraine, environ 5 millions de chrétiens se réclament du catholicisme. Ils sont géographiquement implantés dans les régions les plus occidentales du pays, les parties centrale et orientale étant majoritairement orthodoxes, en partie sous l’autorité du patriarcat de Moscou et en partie liées à l’Eglise orthodoxe ukrainienne-Patriarcat de Kiev ou à l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Ukraine.
Les catholiques relèvent presque tous de l’Eglise gréco-catholique, dite uniate, une institution particulière qui, tout en dépendant de l’Eglise romaine, conserve des traits communs avec les orthodoxes tels que l’utilisation de la liturgie byzantine et la possibilité pour les hommes mariés de devenir prêtres.
L’Ukraine adopta officiellement le christianisme en 988. Son clergé dépendait intégralement du patriarcat de Constantinople. Aux 12e et 13e siècles, les territoires occidentaux de l’Ukraine actuelle furent annexés par le royaume polono-lituanien de religion catholique. C’est dans ce contexte que la hiérarchie ecclésiastique ukrainienne décida, dans sa majorité, de s’unir avec Rome et que fut signé en 1596 l’accord de Brest-Litovsk instituant l’Eglise gréco-catholique et ses particularités.
A partir du 18e siècle, les autorités russes eurent une attitude hostile envers les uniates sur le territoire qu’elles administraient. L’Eglise fut formellement interdite au 19e siècle. En 1946, après l’intégration de l’Ukraine occidentale à l’URSS, l’Eglise gréco-catholique fut officiellement abolie et ses fidèles rattachés de force à l’Eglise orthodoxe russe. C’est clandestinement que le clergé uniate se maintint.
En 1988, l’Eglise gréco-catholique, avec le début de l’effondrement de l’URSS, demanda sa légalisation. C’est en 1990 qu’elle obtint gain de cause. L’uniatisme en Ukraine et le prosélytisme imputé aux catholiques restent les deux raisons des tensions entre Rome et Moscou. Le patriarcat de Moscou estime qu’en Ukraine de l’ouest (dans des territoires autrefois polonais), 1’300 églises orthodoxes sont «occupées» par les uniates. (apic/imedia/hy/be)



