Ukraine: Les cardinaux se montrent optimistes face à la visite de Jean Paul II en Ukraine

«La venue du pape va améliorer la relation avec les orthodoxes»

Rome, 25 mai 2001 (APIC) Pour les cardinaux Lubomyr Hussar, archevêque majeur des grecs catholiques d’Ukraine et Marian Jaworski, archevêque de Lviv des latins, la présence du pape en Ukraine du 23 au 27 juin, pourrait permettre une amélioration des rapports avec les orthodoxes. Mais la situation reste compliquée en raison des divisions orthodoxes dans le pays.

Lors d’une conférence de presse donnée le 25 mai à Rome, les deux cardinaux ukrainiens ont fait le point de la situation en Ukraine, à un mois de la visite pastorale de Jean Paul II à Kiev et à Lviv. «Depuis environs deux mois, a affirmé le cardinal Marian Jaworski, la télévision nationale propose des reportages, des dossiers et des interviews pour présenter aux Ukrainiens ­­ dont 30 à 40 % sont athées ­ qui sont l’Eglise catholique et le pape». Pour lui, «ce voyage sera l’occasion d’une conversion ou d’une découverte du domaine spirituel pour beaucoup».

Concernant les relations avec les orthodoxes, le cardinal Lubomyr Hussar a affirmé que la situation était «beaucoup plus compliquée qu’en Grèce où il n’y a qu’une seule Eglise orthodoxe. Ici, nous avons trois principales juridictions orthodoxes et les enjeux qui règlent nos relations avec eux sont souvent beaucoup plus terre à terre que spirituels». «Cependant, a-t-il précisé, nous espérons que les trois responsables viendront à la rencontre prévue avec Jean Paul II dans le cadre du conseil ukrainiens des Eglises et des organisations religieuses, le 24 juin».

Pour ce qui est de la commission mixte qui comprend des membres de l’Eglise grecque catholique d’Ukraine et de l’Eglise orthodoxe et qui a été instituée en 1998, le cardinal Lubomyr Hussar a regretté «qu’aucune rencontre ne soit encore prévue, même si cela fait deux ans qu nous en faisons la demande aux orthodoxes». Le cardinal espère que l’un des fruits du voyage sera le début des travaux de cette commission.

Soupçonnés d’être le «cheval de Troie» de Rome

Interrogé sur la situation des grecs catholiques en Ukraine, le cardinal Lubomyr Hussar a expliqué que les difficultés venaient de l’ignorance. «Les orthodoxes nous prennent pour le cheval de Troie de Rome». «Mais nous tenons à dire, a-t-il précisé, que nous ne sommes pas non plus un pont entre l’Est et l’Ouest. Un pont c’est passif, cela n’agit pas. Nous revendiquons une situation de médiateurs, nous voulons aider les catholiques et les orthodoxes à s’entendre, nous sommes les mieux placés pour cela, a précisé le cardinal».

L’archevêque majeur des grecs catholiques d’Ukraine a, par ailleurs, justifié le petit nombre de béatifications, «seulement une trentaine, alors que l’Eglise en Ukraine a vu naître de très nombreux martyrs», en expliquant que les Ukrainiens avaient encore très peur de témoigner. Pour lui, «l’esprit de mééfiance est encore très présent, même 10 ans après la fin de la période d’oppression. Les chrétiens commencent à parler, mais le processus est très lent». Le cardinal espère que «ces béatifications vont donner confiance aux ukrainiens et que les témoignages sur les martyrs vont pouvoir être dévoilés au grand jour». (apic/imed/bb)

25 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!